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Rythme des réformes: certains députés de la majorité ont l'impression de "bâcler" les dossiers

Le gouvernement fonce et maintient le rythme soutenu des réformes. 7 projets de loi sont prévus pour les 8 semaines à venir. Certains députés LaREM estiment qu'il y a des risques de "bâcler" le travail.

Pour le gouvernement, pas question de ralentir le rythme des réformes. Mais une partie de la majorité s'inquiète. Dimanche, Edouard Philippe réunissait ses ministres en séminaire, le 5e depuis le début du quinquennat, et confirmait l'accélération du rythme des réformes. Pas moins de 7 projets de loi sont prévus rien que pour les 8 semaines à venir : après la SNCF la semaine dernière, viendront les sujets du sexisme, de la justice, de l'apprentissage, du chômage.

Sur le principe, les députés de la majorité ont tous la même volonté de réformer en profondeur. Mais certains s'inquiètent du "tous azimuts". C'est le cas du député du Calvados Alain Tourret.

"Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation"

"Il ne faut pas forcément tout modifier. Il y a un certain emballement dans la voie des réformes, même si j'estime qu'il faut changer en profondeur la société".

"Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation", abonde en privé une autre députée, sans pour autant oser le dire publiquement. L'élu de la Charente Thomas Mesnier, n'est quant à lui pas d'accord avec ce constat. 

"On est là pour travailler, ça bouge, certains disent que ça bouge trop vite. Mais c'est un peu le paradoxe français. On voudrait toujours que ça bouge, et quand ça finit par bouger, ça ne nous va pas."

Sacha Houlié: "Il faut faire vite"

Et quand un autre, toujours en privé, admet une impression de "bâcler" certaines réformes, le vice-président de l'Assemblée, Sacha Houlié, là-aussi, nie en bloc.

"On a l'occasion d'évaluer les textes longuement. La loi n'est pas figée dans le marbre. Bâclée, non. Je crois justement qu'il faut faire vite et ensuite prendre le temps d'évaluer ce que nous avons fait".

Si certains avaient la tentation de baisser le rythme, le secrétaire d'Etat Christophe Castaner explique que le gouvernement "les encouragera à reprendre le boulot".

Jean-Baptiste Durand (avec J.A.)