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Si l'abstention est forte, il faudra obtenir 20% des voix pour accéder au 2e tour, c'est énorme

Des électeurs dans l'isoloir (photo d'illustration)

Des électeurs dans l'isoloir (photo d'illustration) - Benjamin Cremel - AFP

L'abstention pourrait être élevée ce dimanche lors du premier tour des législatives. Sauf que, comme l'explique sur RMC le constitutionnaliste Dominique Rousseau, une abstention élevée favorise les gros candidats.

On le sait, les législatives attirent toujours moins les électeurs que la présidentielle. Ces législatives, dont le premier tour a lieu ce dimanche, ne devraient pas déroger à la règle. Seul un électeur sur deux devrait aller voter aujourd'hui, anticipaient vendredi les dernières enquêtes. Il faut dire que cette année, "le climat est différent et inédit", rappelle sur RMC Cécile Cornudet, éditorialiste au journal Les Echos.

"Comme d'habitude pour les législatives qui suivent la présidentielle, il y a une partie des gens qui ne s'y intéressent plus et qui estiment que l'essentiel a été fait avec l'élection du président".

"Il faut dire aussi qu'on en est au septième tour cette année: il y a eu les deux primaires de la droite et du centre, et de la gauche, avec un début campagne fin octobre. Cela fait 6 ou 7 mois de campagne parfois violente, avec les affaires, et il y a eu comme un clap de fin avec la présidentielle".

"Après la présidentielle, il y a un désintérêt"

Les électeurs français se désintéresseraient plus facilement des législatives et pourtant, la participation est un enjeu essentiel quand on choisit son député, comme l'explique Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. "La participation est très importante pour les législatives, puisque pour aller au second tour un candidat au moins les suffrages de 12,5% des électeurs inscrits. Or, moins il y a de votants plus ça augmente le seuil pour atteindre le second tour. Donc s'il y a de l'abstention importante, cela veut dire que pour accéder au second tour il faudra avoir 20 ou 21% des suffrages exprimés. Ce qui est énorme si on compare au score obtenu par les différents partis lors du premier tour de la présidentielle". Avec une faible participation, peu de candidats peuvent espérer atteindre le second tour, ce qui complique leur tâche.

"Une volonté de bipolariser la vie politique"

Mais cela n'a pas toujours été le cas. "Avant une loi de 1976, le seuil n'était pas de 12,5%, mais de 5%. Il s'agissait dans l'esprit du législateur à l'époque de simplifier le paysage politique français pour faire en sorte qu'il n'y ait que deux partis au second tour. Plus le seuil est élevé, plus ça enlève les autres partis. C'était un instrument pour bipolariser la vie politique". Enfin, à ceux qui s'interrogent sur l'intérêt de législatives après la présidentielle, Dominique Rousseau explique que "l'élection de députés est importante pour déterminer l'orientation politique du pays".

P. Gril avec T. Chupin et C. Cambreling