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SMS du parti de Zemmour aux Français de confession juive: une enquête pénale ouverte

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris après l'envoi d'un SMS du parti d'Eric Zemmour aux Français de confession juive.

Une enquête préliminaire a été ouverte mardi à Paris après la plainte de deux associations sur un démarchage par SMS du parti d'Éric Zemmour ciblant des électeurs français de confession juive à la veille du premier tour de la présidentielle, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier. Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a confirmé l'ouverture de cette enquête pour des infractions relatives à des données à caractère personnel.

Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, deux associations avaient décidé de saisir la justice contre le candidat de Reconquête!. Elles reprochent au candidat l'envoi de SMS à destination de la communauté juive en amont de la trêve électorale.

"Sur plainte de l'UEJF et de l'association J'accuse AIJI, une enquête a été ouverte ce jour des chefs de détention, conservation, enregistrement, transmission de données à caractère personnel en dehors des cas prévus par la loi, communication à un tiers sans autorisation et détournement des finalités d'un fichier de données à caractère personnel", a précisé le parquet.

Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP), a aussi indiqué cette source.

"La plus massive exploitation de listes nominatives de juifs depuis la rafle du Vel’d’hiv"

"Un candidat à l’élection présidentielle a osé constituer ou se procurer de manière frauduleuse un fichier clandestin de dizaines de milliers juifs (ou réputés tels) avec leur numéro de téléphone, constituant la plus massive exploitation de listes nominatives de juifs depuis la rafle du Vel’ d’hiv", écrivent les avocats des deux associations dans leur plainte, que Le Monde a pu consulter.

"Message d'Eric Zemmour aux Français de confession juive", pouvait-on lire, dans un texte revenant notamment sur le problème de l'antisémitisme en France et dénonçant les "racailles" qui "pourrissent la vie" des Juifs ainsi que le terrorisme islamiste ou son opposition à l’interdiction de l’abattage rituel.

L'équipe de campagne d'Éric Zemmour s'est défendu en expliquant que les personnes visées avaient donné leur accord au partage des données. Une instruction a été ouverte par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Un des responsables de la campagne de Reconquête assure que ce démarchage politique a été mis en place à l'aide d'un courtier en données personnelles, qui achète des bases de données pour en faire commerce.

Le code pénal punit de cinq ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende la création d'un fichier faisant apparaître des croyances religieuses ou des origines raciales ou ethniques sans le consentement de l'intéressé.

G.D. avec AFP