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Statuts de LREM: les "marcheurs" de la première heure veulent être entendus

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- - Illustration - VALERY HACHE - AFP/Archives

Le tribunal de grande instance de Créteil a validé mardi le vote sur les nouveaux statuts de La République en marche, pourtant contesté par des militants. La justice a cependant demandé le prolongement du scrutin de deux semaines. Une petite victoire pour Rémi Bouton, membre du collectif "La démocratie en marche", qui dénonce l'éloignement du parti de ses valeurs fondatrices.

Rémi Bouton est un adhérent d'En Marche de la première heure. Il est l'un des animateurs du comité local Denfert-Rochereau à Paris et membre du collectif "La Démocratie en marche", créé il y a quinze jours, qui conteste les nouveaux statuts du parti.

"Aujourd’hui ce qui pose problème, c’est qu'au moment où nous installons ce mouvement dans la durée, nous avons la sensation de ne pas avoir été associés à l’écriture de ces statuts.

On nous a toujours parlé de démocratie participative en nous disant: 'ce mouvement deviendra ce que vous en faites'. C'est ce que l'on voit écrit dans les statuts mais dans les faits, ça n’est pas là. C'est cela qui nous pose problème.

"À aucun moment on nous a permis de nous exprimer"

Au QG ils ne se rendent pas compte de comment ce mouvement a été construit. Ils ont l’impression d’être les propriétaires du mouvement. Ils n’ont même pas en tête cette idée qu’un mouvement politique, forcément, appartient à tous ceux qui bénévolement participent à le construire.

On a constaté un grand décalage entre le discours et les actes, on nous dit que les statuts étaient faits par tout le monde en concertation et on voit bien dans nos comités qu’on a pas été consulté: on a juste répondu à des questionnaires fermés bidons, à aucun moment on nous a permis de nous exprimer sur ce qu’on voulait. Il n’y a pas eu de débat. Ce qui se dit lors des comités ne remonte pas à la tête du parti. Tout est construit en pyramide, chaque comité local envoi ses infos au QG et puis, plus rien.

"Nous sommes juste des citoyens vigilants"

Nous ne sommes pas des frondeurs, nous sommes sur la même ligne politique que le mouvement. Nous avons une vision différente de ce que doit être LREM. Nous ne sommes pas en colère, nous sommes vigilants. Le problème, c’est un problème de management, de la part des quelques dirigeants du parti qui sont en train de tout verrouiller. Nous veillons à ce que l’esprit du mouvement ne soit pas accaparé par quelques-uns qui en fassent un parti politique classique.

Nous considérons que la décision du TGI de Créteil nous donne raison, qu'elle a considéré qu’il y avait un problème de calendrier. On aurait souhaité que la justice soit plus claire et qu’elle amène LREM à revoir sa copie de fond en comble. Il est nécessaire que les dirigeants de La République en marche, refondent le mouvement après un grand débat avec tous les adhérents.

Nous ne sommes pas là pour monter un business autour de la démocratie. Nous sommes juste des citoyens vigilants".

Propos recueillis par G.D.