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Taxe d'habitation: "Plus personne ne la paiera" affirme Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a joué les invités surprise dans un débat-citoyen avec des "gilets jaunes" jeudi près de Valence. Il est ainsi revenu lors de ce dialogue sur la suppression de la taxe d'habitation.

ISF, chômage, glyphosate et taxe d'habitation: pendant plus de 3h, Emmanuel Macron, debout, micro en main, a balayé un grand nombre de préoccupations dans un échange "surprise" de questions-réponses avec quelque 250 personnes réunies dans la Maison des associations de Bourg-de-Péage, fief du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, qui l'accompagnait.

Dans ce dialogue très libre, le chef de l'Etat a répond à de nombreuses questions. Et il a semblé trancher le débat sur la taxe d'habitation pour les 20% les plus riches, en affirmant: "Plus personne ne la paiera. On la supprime en trois bouts". 

Avec cette phrase, le président de la République met donc fin à l'imbroglio sur la taxe d'habitation: elle serait bien supprimée pour tout le monde en trois ans et ne concernera pas uniquement les 80% des ménages les moins aisés.

Emmanuel Macron a ensuite tenu à justifier sa mesure. La taxe d'habitation est selon lui un "impôt assez injuste socialement" car on la paye en fonction de la taille de son logement et non en fonction de ses revenus. Et elle aussi "très inégale selon les territoires: dans les très grandes villes, où il y a de la ressource, on a pu la baisser. Dans les communes moyennes, où il y a plus de charges, on a dû la laisser". 

Interrogé sur RMC, Guillaume Chiche, député LREM des Deux-Sèvres se dit satisfait:

"Un taxe qui est injuste pour 80% des Français est injuste pour la totalité des Français. Quand le Président annonce qu'on va supprimer la taxe d'habitation pour 100% des Français, c'est très bien. Le sujet de cette taxe est qu'elle touche indifféremment les Français sans prendre en compte leurs conditions sociales. C'est une taxe aveugle. Et elle a vocation à être diminuée voire supprimée".

Quelques heures auparavant, Nicolas Rubin, maire LR de Châtel, en Haute Savoie, s'était, lui, adressé jeudi à Emmanuel Macron d'une manière insolite, en fredonnant une chanson lors des échanges entre le président et des élus de la région à Valence.

Reprenant l'air du "Marionnettiste" de Pierre Bachelet, il a expliqué aux journalistes que le président "est comme un marionnettiste qui tient les ficelles du destin des maires. Il nous impose tout, sans concertation, par exemple la suppression de la taxe d'habitation. Qu'aurons nous après? C'est pas clair du tout".

Chloë Cambreling avec Xavier Allain