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Ukraine, Covid, absence de débat... Pourquoi la campagne présidentielle ne prend toujours pas

Mois d'un mois avant l'élection présidentielle. Pourtant, la campagne semble avoir du mal à exister notamment auprès des Français qui semblent se désintéresser de la campagne présidentielle.

A J-23 avant le 1er tour tous les candidats s'accordent sur un point: c’est “une drôle de campagne”. On a beaucoup retenu cette formule, la “campagne Tefal, la campagne qui n'accroche pas". Entre la guerre en Ukraine, mais aussi l’impact de deux ans de covid, les débats publics ne prennent toujours pas.

“Les Français sont à des années-lumières de la campagne", nous dit un proche d’Anne Hidalgo. “Il n’y a pas d’engouement”, souffle un Pecressiste. Même un poids lourd du gouvernement confiait il y a quelques jours encore, “c’est difficile de savoir ce que veulent vraiment les Français”.

C’est aussi une drôle de campagne, parce qu’on a un président qui vient à peine de se déclarer candidat. Alors oui, on peut dire qu’il est entré dans le costume du candidat jeudi, avec sa conférence de presse fleuve, de 4h. Mais les écuries adverses tiennent toujours le président pour responsable de cette “drôle de campagne”. “Pour moi, c'est principalement dû à Macron qui refuse les débats”, lâche un lieutenant du communiste Fabien Roussel.

Marine Le Pen et Eric Zemmour, s'en sortent bien

Gérard Larcher, le président du Sénat, est même allé jusqu’à faire un procès en illégitimité à Emmanuel Macron s’il était réélu en enjambant la campagne. Réponse, en règle jeudi, du président candidat. “Un président du Sénat ne devrait pas dire ça”, a-t-il indiqué.

“Ce procès de ‘pas de campagne’”, rend carrément fou un ministre. “Qui empêche les candidats de faire campagne? On les voit partout, tout le temps, c'est scandaleux de dire ça”. Il continue: “Ce n'est quand même pas de notre faute si Pécresse n'a pas réussi à cranter des choses dans l'opinion depuis qu'elle est candidate”.

"Qui aurait pensé que Marine Le Pen serait si haute dans les sondages après tout ce qu’elle a subi"

Dans cette campagne un peu asphyxiée, deux candidats estiment quand même qu’ils se font entendre. D’abord Eric Zemmour. Un pilier de campagne insiste sur la stratégie numérique du candidat. “On est les seuls à avoir la force de frappe nécessaire pour s’imposer, parler à un maximum de Français”.

Une autre candidate qui réussit elle aussi, à s’imposer, c’est Marine Le Pen. “Elle mène une campagne de dingue”, me dit une de ses proches. “Qui aurait pensé que Marine serait si haute dans les sondages après tout ce qu’elle a subi: Zemmour, les démissions dans son camp et ensuite la guerre en Ukraine”.

Hélène Terzian avec Guillaume Descours