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Val-de-Marne: un maire interdit le MMA par crainte d'une hausse des rixes

Le maire LR de Villiers-sur-Marne a décidé d'interdire la pratique du MMA au sein d'un gymnase municipal. Il estime que les valeurs morales des arts martiaux n'y sont pas respectées et craint une hausse des rixes sur le territoire de la commune.

Le MMA à Villiers-sur-Marne, c'est fini. Le maire LR de la commune du Val-de-Marne a décidé d'interdire la pratique de ce sport dans un gymnase municipal. Après seulement trois cours de MMA, l’association sportive s'est vu retirer son créneau. L'élu de la ville Jacques-Alain Bénisti estime que les valeurs morales des arts martiaux ne sont pas respectées et craint une hausse des rixes. "Ce qui me fait peur, ce n'est pas que ce soit un art martial, puisqu'ils sont pratiqués largement dans notre ville, on a même un champion du monde de boxe thaï", assure-t-il ce vendredi sur RMC.

"La différence, c'est que les valeurs morales véhiculées par les arts martiaux telles que le respect de l'adversaire, l'humilité, la dignité ou la persévérance, toutes ces valeurs ne sont pas celles du MMA. La finalité du MMA, c'est que lorsqu'un adversaire est à terre, on doit l'achever. La finalité, c'est l'étranglement", croit savoir le maire.

Des coups "pas tolérés dans les autres arts martiaux"

Jacques-Alain Bénisti évoque plusieurs cas de décès dans le monde lors de combats de MMA après des coups qui ne sont "pas tolérés dans les autres arts martiaux".

La pratique du MMA est pourtant autorisée en France depuis janvier 2020. Un premier événement de l'UFC, la plus grosse ligue de MMA du monde, a même eu lieu à Paris en septembre dernier. "C'était totalement encadré, là il n'y a pas de problème, on peut arrêter à la limite des coups", insiste Jacques-Alain Bénisti qui craint de voir une hausse des violences dans sa ville.

À Villiers-sur-Marne, Philippe (49 ans), qui s'était inscrit cette année au MMA, estime pourtant que les rixes se règlent autrement qu'à mains nues: "À ma connaissance quand il y a des rixes, les gens ne viennent pas avec leurs pieds et leurs poings. Ils viennent avec des battes de baseball, des pistolets et des couteaux", explique-t-il. "Je n'ai vu aucune philosophie qui engendre des violences et ce n'est pas ce que je suis venu chercher ici", ajoute Philippe.

Une des profs de MMA, Farah, qui enseigne d’autres arts martiaux depuis plusieurs années, l’assure: ses élèves sont là pour se dépasser physiquement. "C'est pour faire sortir sa rage, pour s'entraîner, pour apprendre la discipline", raconte-t-elle à RMC.

"J'ai vu plus de problèmes sur les terrains de foot"

Et alors que l'association sportive tente de renouer le contact en proposant notamment la rédaction d'un règlement intérieur, le maire Jacques-Alain Bénisti assure que la violence de la discipline s'est traduite par de la violence à l'égard de son adjoint: "Il y a eu des insultes notamment sur son physique, ça je ne peux le tolérer".

"J'ai vu plus de problèmes sur les terrains de foot, même chez les amateurs, que chez les personnes qui font des arts martiaux", déplore de son côté Josué, l'un des membres de l'association. "Je pense que le temps nous donnera raison quoi qu'il arrive", ajoute-t-il. Mais le maire ne l'entend pas de cette oreille: "Je ne reviendrai absolument pas sur ma décision", conclut-il.

En attendant, les adeptes de MMA, privés du gymnase municipal, s’entrainent dans un dojo privé. Avec seulement deux créneaux par semaine et pas de douche sur place.

G.D.