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Vers une scission chez les Républicains à l'Assemblée nationale?

Les Républicains semblent plus divisés que jamais. Alors que certains députés semblent près à soutenir la politique du gouvernement, d'autres veulent continuer de jouer leur rôle d'opposition et appellent les autres à quitter le parti.

Rien ne va plus chez les Républicains. Les députés de droite sont en pleine crise de nerf. Dernier événement en date, la traditionnelle réunion du groupe mardi matin qui ne s'est pas passé comme prévu. Les tensions entre les députés LR ont explosé. Une ambiance électrique à coups de reproches sur la ligne à adopter, faut-il ou non soutenir la politique du gouvernement…

Deux clans s'affrontent. D'un côté une petite poignée, ils ne sont que 5 ou 6, mais ils sont très actifs, qui militent pour accepter la main tendue par Emmanuel Macron et rejoindre la majorité. Ils ont leur groupe de discussion. Ils déjeunent ensemble tous les mardis. Et de l'autre ceux qui pensent qu'ils ont été élus pour être dans l'opposition. Une opposition certes constructive, mais une opposition quand même. Et chacun campe sur sa position.

"Cassez-vous!"

Au point que c'est même la question de la scission qui se pose chez les députés les Républicains. Alors même qu'ils ne sont déjà plus très nombreux. "Cassez-vous!" a crié un LR à l'encontre des députés pro-macron, le tout dans une salle de réunion feutrée de l'Assemblée. "Ils sont aveuglés par leur haine de Macron", contre-attaque auprès du service politique de RMC un député visé. "Ils veulent juste rentrer au gouvernement", répond l'autre camp qui leur reconnaît un pouvoir de nuisance, mais pas suffisant pour donner la majorité absolue à laquelle le camp présidentiel aspire? "Ils sont cinq. Macron n'en a que faire d'eux. Il a besoin de 50 députés", indique-t-il.

Alors sans relâche les députés LR pro-macron tentent de rameuter de nouveaux parlementaires en restant dans le groupe pour l'instant. Ils pourraient aussi rejoindre l'aile droite de la majorité, Horizon, le mouvement d'Édouard Philippe.

Une longue crise fatale au parti?

Mais en réalité, la crise chez les Républicains, ça fait 10 ans que ça dure. Le 18 novembre 2012, la COCOE et la CONAR, ces instances de régulations étaient saisies alors que François Fillon et Jean-François Copé revendiquent la victoire de l'UMP à l'époque. Quelques jours plus tard à l'Assemblée, François Fillon faisait scission.

Un anniversaire qui laisse des traces, tout a empiré. La droite a été absente des seconds tours de la présidentielle en 2017 et cette année."Les jeunes s'impatientent d'être aux manettes, ils ont l'impression que la chance leur passe sous le nez", analyse un LR. "On doit retrouver la culture de gouvernement", presse son collègue.

Un autre député lui est persuadé que les heures de son parti sont désormais comptées, faute d'espace politique. “La seule question, c'est quelle sera la vitesse d'éclatement et de dissolution du parti", se demande-t-il. Voilà pour l'optimisme.

Et autour d'eux, on cherche déjà à leur mettre le grappin dessus. Les LR sont dragués d'un côté par la droite radicale ou l'extrême droite. "On leur parle même s'ils ne veulent pas que ça se sache", assure un élu RN. De l'autre côté, certains ministres macronistes reçoivent avec beaucoup d'égards des Républicains.

Cyprien Pézeril