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Zemmour grimpe dans les sondages, 9 mois avec la présidentielle: comment sont réalisées ces études?

Véritable dynamique électorale ou effet de mode? RMC s'est penché sur la question.

Comme un big bang. Eric Zemmour, qui ne s'est (toujours) pas déclaré candidat, serait pour la première fois qualifié au second tour de la présidentielle avec 17 à 18% des intentions de vote, derrière Emmanuel Macron (24 à 27%), selon un sondage Harris Interactive pour Challenges mercredi.

Le polémiste, candidat à l'Elysée sur une ligne d'extrême droite, devance dans cette enquête la candidate RN Marine Le Pen (15 à 16%) dans chacune des configurations testées, et distance le candidat de la droite quel qu'il soit. Selon cette étude, Eric Zemmour obtiendrait 17% face à Xavier Bertrand (13%) ou Valérie Pécresse (11%), et 18% face à Michel Barnier (7%).

Signe de cette montée en puissance inédite: depuis le 8 septembre, lorsque sa candidature avait été testée pour la première fois par cet institut, elle recueillait alors... 7% des intentions de vote. Les intentions de vote ne constituent pas une prévision du résultat du scrutin. Elles donnent une indication des rapports de force et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage.

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Reste qu'Eric Zemmour est, cette fois, donné entre 13 et 14% des votes au premier tour, dans un sondage Elabe. Comment expliquer qu'un sondage le donne qualifié au second tour... et qu'un autre non?

Les deux sondages s'appuient en réalité sur un échantillon d'environ 1300 personnes "représentatif de la population française". Et pour expliquer la différence de résultats, pour Bernard Sananès, président de l'institut Elabe, il faut prendre en compte la période pendant laquelle ces personnes sont interrogées, qui diffère de quelques jours... mais surtout de la "marge d'erreur" . 

"Cette marge d'erreur, sur cette population, est de 2 à 3%. C'est à dire qu'Eric Zemmour peut aller de 13 à 16%. Nous sommes dans les marges d'erreurs statistiques" se défend-il sur RMC.

Ce qui fait en tout cas consensus, c'est la dynamique d'Eric Zemmour. C'est d'ailleurs l'enseignement de ces sondages, insiste Roland Cayrol. Mais le politologue appelle à la prudence.

"Le sondage intervient à un moment T. Et plus on est loin de l'élection, plus c'est aléatoire. Ce n'est pas que les gens peuvent encore bouger, c'est qu'ils vont encore bouger: quand vous avez Balladur face à Chirac, Balladur atteint des sommets... et quelques semaines après, c'est Chirac qui passe" explique-t-il.

Autre exemple, à la dernière présidentielle: à la même période, Alain Juppé, très haut dans les sondages, ne se qualifiera même pas à la primaire de son parti.

Hélène Terzian avec XA