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Pourquoi il faut se méfier des "tests ADN" sur Internet

Pourtant interdits en France, de plus en plus d'entreprises proposent d'effectuer des tests ADN pour quelques dizaines d'euros. Une pratique "de loisir", au premier abord, qui pourrait, en réalité, être plus dangereuse.

"Faites des découvertes étonnantes sur vos ancêtres!", "Rapide, discret et fiable", "Abordable, précis (99,99%), fiable et confidentiel"... Voici les promesses des tests ADN que l'on trouve rapidement sur Internet, et dont certains utilisent déjà la publicité à la télé. 

Pourtant, ces tests génétiques sont interdits en France, sauf sur prescription médicale ou judiciaire. Les contrevenants s'exposent à une amende 3750 euros.

Mais ils sont possibles à l'étranger et accessibles sur internet: près de 15 millions de personnes à travers le monde y ont déjà eu recours pour en savoir plus sur leurs origines généalogiques ou sur leurs prédispositions à certaines maladies génétiques.

C'est le cas d'Audrey, passionnée de généalogie, qui a confié un échantillon de sa salive à une société américaine, qui lui a renvoyé, quelques semaines plus tard, les résultats par mail contre 90 dollars...

"Pour 71% de mon ADN, je suis en France. J'ai des origines en Italie, en Irlande et même jusqu'en Grèce. C'est toujours intéressant de savoir d'où on vient" sourit-elle.

Mais ces tests permettent aussi de découvrir des prédispositions pour certaines maladies, Alzheimer, Parkinson ou le cancer du sein...

"Le fait d'inquiéter les gens, ça peut être très stabilisant. Il ne s'agit que de probabilités. Il y a quand même besoin de donner un accompagnement par un médecin" s'inquiète Patrick Gaudray, directeur de recherche au CNRS. "La séquence d'ADN est conservée dans une base de données de la société, qui en fait ce qu'elle veut. Tout ça est fait pour faire du business" rappelle-t-il.

L'une des sociétés américaines vient ainsi de vendre les données génétiques de 5 millions de ses clients au géant britannique de l'industrie pharmaceutique.

Aurélia Manoli & XA