RMC

Procès du double meurtre d'Echirolles: une habitante du quartier en appelle à Hollande

TEMOIGNAGE RMC – Le procès des meurtriers supposés de Kevin et Sofiane, tués en septembre 2012, à Echirolles, pour un mauvais regard d'une trentaine de coups de couteau et de marteau. A cette occasion, une habitante du quartier invite "le président de la République et ses ministres à venir à Grenoble".

C'est un procès fleuve, mais très attendu par tout un quartier, qui s'ouvre ce lundi à la Cour d'assises de Grenoble: celui des meurtriers supposés de Kevin et Sofiane, tués pour un mauvais regard d'une trentaine de coups de couteau et de marteau. Les faits s'étaient déroulés fin septembre 2012 dans un parc public à Echirolles, dans la banlieue sud de Grenoble.

Il y a trois ans, l'émotion était très forte dans ce quartier d'habitude assez calme. François Hollande, fraîchement élu, s'était même rendu dans cette banlieue sensible pour soutenir les familles des victimes. Lors de sa visite, le chef de l'Etat avait été interpellé par Widad, une habitante du quartier, qui, très remontée avait notamment exigé "qu'ils ne soient pas morts pour rien" et que "cela change à Grenoble".

"Une fois que la bêtise est faite, c'est fini"

Trois ans après, cette mère de quatre enfants a accepté de revenir sur son intervention face au chef de l'Etat. Et elle lui lance un nouvel appel: "Je le réinvite à venir à Grenoble, avec ses ministres, afin de voir ce qu'il se passe. C'est vrai que, depuis, beaucoup de choses ont été faites, beaucoup d'aides. Mais pas assez par manque de budget. Pourtant, il faut vraiment aider ces jeunes à avancer avant qu'il ne soit trop tard car une fois que la bêtise est faite, c'est fini".

"Cela ne 'pète' pas tous les jours non plus. On n'est pas non plus en Afghanistan. C'est vrai que cela a explosé à un moment, que cela explose de temps en temps. Mais il n'y a pas que cela à Grenoble", assure-t-elle. Et de préciser: "Il y a pleins de projets, les MJC, des centres culturels… Ils font un travail immense avec les jeunes mais ils n'ont pas assez de moyens. J'attire donc l'attention du président pour que des moyens supplémentaires soient donnés aux associations". Et de tirer le même constat qu'il y a trois ans, "il faut que cela change".

Maxime Ricard avec Gwenaël Windrestin