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Publicités sexistes dans le métro: "A la télé, elles seraient interdites aux moins de 16 ans"

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Pascale Boistard, secrétaire d'État chargée des Droits des femmes, a présenté ce jeudi sur RMC son Plan national de lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles dans les transports en commun. Une urgence selon les usagers du métro parisien.

Femmes nues ou caricaturées en ménagère, publicités osées pour vendre un parfum, des vêtements, une montre… autant d'affiches qui regorgent sur les quais de métro. Mais aujourd'hui le gouvernement entend bien y mettre fin. Ainsi, le Plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun a été présenté ce jeudi.

Parmi les mesures, dès l'automne, le gouvernement va interdire les publicités à caractère sexiste dans les transports en commun. Dans le métro parisien, certaines publicités affichent des femmes très dénudées, voire complètement nues. Ce qui fait réagir les passantes comme les passants... Jean-Baptiste croise ce genre de publicités, tous les jours sur son trajet. "Pour moi, ce sont des images érotiques. A la télé ou au cinéma, ce serait interdit aux moins de 16 ans voire plus. Je ne vois donc pas pourquoi dans le métro elles seraient placardées partout", estime-t-il.

"Des images dégradantes de la femme"

Pour Michelle, c'est à cause de ce genre de publicités que certains hommes ont des gestes déplacés: "Cela me choque pour l'image de la femme. Il y a quelques années, quand j'étais plus jeune, il m'est arrivé de prendre des mains aux fesses. C'était horrible". Pour Linda Fali, présidente de l'association féministe Ni putes ni soumises: "Ces pubs qui mettent la femme tel un objet peuvent inciter des personnes à s'autoriser à mettre des mains aux fesses. Ici, la femme est réduite uniquement à l'objet sexuel". "Je pense aussi que certaines femmes n'ont pas conscience qu'il s'agit d'une agression, ajoute-t-elle. Elles ont intégré l'idée que tout ça est normal et qu'en fait ce n'est pas si grave que cela".

"Nous allons travailler avec les publicitaires et les transporteurs pour que les espaces dans les transports ne soient pas consacrés à alimenter ce harcèlement sexiste à travers des images dégradantes de la femme, a expliqué Pascale Boistard, secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes, ce jeudi sur RMC. On ne peut pas à la fois lutter contre le harcèlement sexiste et continuer à produire des images qui dégradent la femme et qui la fait considérer comme un objet à disposition de tous".

Anaïs Denet avec Maxime Ricard