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Puisseguin: Mamère s'en prend à la loi Macron sur les autocars

Noël Mamère, député de Gironde, a appelé les pouvoirs publics à tirer les conclusions de la collision mortelle entre un car et un camion ce vendredi à Puisseguin, en Gironde. Il a notamment pointé du doigt la libéralisation du transport par autocar instaurée par la loi Macron.

Après la collision mortelle entre un camion et un car qui a fait une quarantaine de morts ce vendredi, à Puisseguin, le député de Gironde, Noël Mamère, a appelé les pouvoirs publics à "tirer les leçons de ce drame". "Une fois l'émotion passée, quelles sont les conclusions et leçons qu'on doit en tirer ?", a interrogé le député EELV sur RMC. Il a d'abord pointé du doigt le manque d'entretien de la route départementale 123, où a eu lieu l'accident, et qu'il "connaît très bien".

"Tous ceux qui connaissent cet endroit savent que le tournant où a eu lieu l'accident est un virage considéré comme très dangereux. Toutes les statistiques que vous pourrez consulter montrent qu'il est accidentogène. Ça pose la question de l'entretien de nos routes secondaires et départementales et ça pose la question des choix politiques qui sont faits par le gouvernement en termes d'infrastructure. Est-ce nécessaire de dépenser des milliards d'euros pour des infrastructures qui sont inutiles, plutôt que d'investir cet argent dans l'entretien des routes départementales et dans la réduction des risques accidentogènes ?".

"Erreur de libéraliser les autocars au détriment du train"

Pour Noël Mamère, "la deuxième question qui se pose avec ce drame", "c'est le choix du gouvernement et d'Emmanuel Macron (le ministre de l'Economie) de libéraliser le système des autocars au détriment des trains et des lignes ferroviaires secondaires, qui sont plus sécurisées et qui ont été abandonnées". "La libéralisation des autocars prévue par la loi Macron, compte tenu de l'état de nos routes départementales, et le choix d'avoir abandonner des lignes secondaires au profit des transports de marchandises par les camions et le transport de personne par autocars, ça pose un problème", estime le député écologiste.

Trop tôt pour polémiquer? "Je ne vous aurais pas répondu pour pleurer"

Quand on lui demande s'il n'est pas trop tôt, quelques heures à peine après le drame, de pointer du doigt d'éventuelles responsabilités politiques, Noël Mamère répond, droit dans ses bottes : "J'ai le choix entre deux formules : soit je pleure et je fonctionne dans l'émotion et ça n'ajoute rien, soit je réagis en tant que responsable politique et je tire les premières conclusions de ce drame. C'est peut-être un peu tôt mais il ne fallait pas m'appeler, parce que je ne vous aurais pas répondu pour pleurer".

Philippe Gril avec Alain Marschall