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Rapport Mennucci / Ciotti: 24 mesures pour lutter contre le jihadisme

Patrick Mennucci et Eric Ciotti présentent ce mardi le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières et des individus jihadistes. Invité ce mardi de Jean-Jacques Bourdin, le socialiste Patrick Mennucci en a détaillé les principales mesures.

Droite et gauche main dans la main pour lutter contre le jihadisme. Le socialiste Patrick Mennucci et Éric Ciotti, membre des Républicains, présentent ce mardi leur rapport pour lutter contre les filières djihadistes, fruit d'un travail de 6 mois de la commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières et des individus jihadistes. Commission créée en décembre, donc juste avant les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes à Paris. C'est également ce mardi que les membres de la coalition contre l'autoproclamé État islamique en Irak et en Syrie se retrouvent à Paris pour une conférence.

La France est le premier pays européen de départs pour le jihad: 457 Français sont actuellement en Syrie, dont 137 femmes et 80 mineurs. 320 Français sont "en transit" vers des zones de combat en Irak et Syrie et 521 auraient des projets de départ. 105 Français sont morts et 213 seraient rentrés en France.

"Isoler les recruteurs en prison"

Pour lutter contre ce phénomène, le rapport propose 24 mesures. D'abord lutter contre la radicalisation en prison. Sur le modèle de la lutte contre la Mafia en Italie, "nous proposons de mettre les recruteurs à part en prison, de les isoler complètement, explique Patrick Mennucci, invité ce mardi de Jean-Jacques Bourdin. Pour les autres, les 'tout-venants du terrorisme', on est d'accord pour des regroupements mais avec des gens du même niveau, on ne met pas des agneaux avec des loups".

Le rapport préconise ensuite de renforcer les services d’enquête avec un doublement des effectifs de policiers enquêteurs formés à la lutte antiterroriste et une augmentation des effectifs de policiers enquêteurs formés à la lutte antiterroriste. Pour Patrick Mennucci, il faut également désengorger le parquet antiterroriste: "Il faut que les juges anti-terroristes aient les moyens, donc on propose un renforcement du parquet antiterroriste. On prévoit également de confier aux parquets de Marseille et de Lyon des affaires de moindre intensité".

"Qu'il n'y ait pas d'essence dans notre voiture qui vienne de Daech"

Autre enjeu : cibler le financement du terrorisme. "Il y a déjà un embargo sur Daech, mais il faut que la France fasse également un embargo sur les fournisseurs de l'État islamique, recommande Patrick Mennucci. J'aimerais qu'on soit sûr que dans notre voiture il n'y ait pas de l'essence qui vienne de là. On appelle l'État à la vigilance". "On veut traiter aussi le micro financement : trafic de drogues, de crédits, de téléphones…", qui finance le terrorisme jihadiste en France.

Enfin, si "les retours de jihadistes sont gérés - ils vont en prison-," le rapport préconise la création de centres "pour ceux qui acceptent d'être des repentis". "Ce serait pas mal qu'on est des jeunes qui disent 'je me suis trompé, je suis allez là-bas, voilà ce que j'y ai vu. C'est important pour convaincre les gens qui veulent aller là-bas de ne pas y aller", estime Patrick Mennucci.

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin