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Réforme du collège: la colère monte chez les professeurs d'allemand

Les profs d'allemand sont en colère

Les profs d'allemand sont en colère - DAMIEN MEYER / AFP

La réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem prévoit la suppression des classes bilangues. Alors que ces classes ont été lancées en 2002 ans pour relancer l'enseignement de l'allemand en France, les professeurs de cette matière se disent de plus en plus inquiets pour l'avenir.

La réforme du collège voulue par le gouvernement a décidément du mal à passer ! Ce mercredi, dans une lettre adressée à François Hollande, 152 parlementaires de droite et du centre, Bruno Le Maire en tête, ont demandé le retrait du projet défendu par Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Education. Le texte prévoit notamment la suppression des classes bilangues. Mises en place en 2002, ces classes attirent pourtant 16% des élèves de 6ème.

"Cela donne d'excellents linguistes"

Concrètement, ces collégiens ont 3 à 4 heures de cours en plus par semaine pour pouvoir apprendre une deuxième langue vivante, très souvent l'allemand. Car l'un des objectifs affichés de ces classes bilangues était de pouvoir relancer l'enseignement de l'allemand en France, à l'époque délaissé des élèves. C'est pourquoi, cette réforme provoque aujourd'hui la colère des professeurs d'allemand.

D'autant plus que ces classes donnent de très bons résultats comme l'assure à RMC Isabelle Campion, enseignante dans un collège parisien: "Cela donne d'excellents linguistes. Ces élèves sont souvent meilleurs en langue que quand ils ne faisaient qu'une seule langue dès la 6ème". Autre preuve du succès de ces classes bilangues: à chaque rentrée, il n'y a pas assez de places pour tout le monde.

Appel à la grève le 19 mai

Isabelle Hernandez enseigne dans plusieurs de ces classes. Elle est d'autant plus inquiète que ces dernières semaines de nombreux parents d'élèves sont venus la voir: "Ils m'ont dit que pour les générations futures, les petits frères et sœurs, ils iraient dans le privé". Thérèse Clerc, ancienne professeur d'allemand, présidente de l'Association pour le développement de l'allemand en France (ADEAF), mène la fronde depuis plusieurs contre cette réforme du collège et défend sur RMC l'enseignement de l'allemand.

"Il s'agit de la première langue parlée en Europe mais aussi la première langue apprise. L'Allemagne a aussi un poids économique très important, c'est le premier partenaire de la France et les relations franco-allemandes sont centrales en Europe. Or l'amitié ne va pas sans langue. Il faut donc parler et apprendre la langue de l'autre", argumente-t-elle. A noter que pour exprimer leur colère les professeurs d'allemand attendent avec impatience la date du 19 mai: jour de l'appel à la grève lancé pour protester contre cette réforme du collège.

Maxime Ricard avec Céline Martelet