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Reprise partielle de WN/ex-Whirlpool, 138 licenciements: "C'est la colère qui règne chez les salariés"

Quarante-quatre salariés sauvés mais 138 sur le carreau: Ageco Agencement a obtenu mardi le feu vert à la reprise partielle de WN, en redressement judiciaire après avoir échoué à relancer l'activité sur l'ancienne usine de sèche-linge Whirlpool d'Amiens.

Deuxième reprise pour les ex-Whirlpool. Le tribunal de commerce d'Amiens a validé l'offre d'Ageco Agencement qui reprend donc WN qui a échoué à relancer l'activité de l'ancienne usine Whirlpool. 44 salariés sont sauvés mais 138 d'entre eux vont être licenciés le 19 août.

Me Fiodor Rilov, avocat des ex-salariés de Whirlpool, estime que ses clients ont été floués: "C'est surtout la colère qui règne chez les salariés ex-Whirlpool. Ils ont le sentiment d'avoir été enfarinés. Il y a 12 mois, on leur a promis qu'un miracle industriel allait se produire. Qu'un repreneur allait arriver dans ce bassin d'emploi sinistré avec le soutien du président de la République. Le miracle n'est pas arrivé, et les salariés ont la conviction qu'on les a manipulés".

"On voyait bien qu'il n'y avait pas l'amorce d'une production dans l'usine"

L'avocat dénonce aussi une reprise "fictive": "M. Macron est venu à deux reprises, il était le premier fan du premier repreneur. A chaque visite de M. Macron, on demandait aux salariés de faire semblant de travailler, il n'y avait pas d'activité. Dès les premières semaines, on voyait bien qu'il n'y avait pas l'amorce d'une production dans l'usine. (…) Nous demandons au tribunal d'Amiens de condamner Whirlpool et WN à nous présenter leurs échanges avec l'Elysée".

L'usine qui employait 246 salariés a finalement fermé le 31 mai 2018 et sa production a été délocalisée en Pologne pour des raisons de rentabilité. L'industriel picard Nicolas Decayeux avait alors repris 162 des 282 ex-salariés de Whirlpool et l'Etat avait alors versé 2,5 millions d'euros de subventions et Whirlpool 7,4 millions.

Mais l'entreprise, qui emploie aujourd'hui un peu plus de 180 salariés, se trouve dans une impasse de trésorerie, faute de débouchés commerciaux concrets.

Paulina Benavente