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Roubaix: "En France, ce sont les victimes qui fuient et pas les agresseurs"

Face au cas de cette famille obligée de quitter son quartier de Roubaix, dans le Nord, victime du harcèlement de trafiquants, la municipalité se dit désarmée et dénonce la mauvaise gestion de la sécurité par le ministère de l'Intérieur.

La famille Godefroy ne retournera pas dans sa maison du quartier du Pile à Roubaix. Elle rencontre ce mardi après-midi le maire et l'adjointe au logement pour trouver une solution durable de relogement. La famille est hébergée à l'hôtel, en attendant.

RMC vous en parlait déjà lundi. La famille, le père, la mère et leurs 4 enfants, est aux prises avec un groupe de délinquants depuis plus d'un an. Victime d'incivilités, de vols, d'incendie de voiture, elle baisse les bras et quitte le quartier, avec l'aide de la mairie. Le père de famille, Philippe Godefroy, a annoncé vouloir briser l'omerta après avoir déposé en vain 4 plaintes au commissariat. Mais dans la nuit de samedi à dimanche, une nouvelle tentative d'incendie a eu lieu sur leur voiture, ce qui a incité la mairie à agir.

"La police a perdu un tiers de ses effectifs à Roubaix"

"On a affaire à un marquage de territoire avec des jeunes délinquants mineurs qui, à coup de harcèlement et d'incivilités, font fuir une famille. Aujourd'hui en République française, ce sont les victimes qui fuient et pas les agresseurs qui sont contenus", regrette Milouda Ala, adjointe en charge des quartiers est et du logement à la mairie de Roubaix. Si elle se dit "très en colère" de la situation, elle ne peut que reconnaître l'impuissance de la municipalité. "La mairie a mobilisé tous les moyens communaux et municipaux qu'elle avait, mais quand le relais doit être pris par la police nationale, et que la police nationale a perdu sur Roubaix un tiers de ses effectifs ces dernières années… C'est une chaîne, quand il y a un maillon défaillant, c'est tout le système qui s'effondre".

"Ce n'est pas la ville qui pourra changer les choses"

Sur RMC, Guillaume Delbar, le maire UMP de Roubaix, assure avoir doublé le nombre de caméras de vidéosurveillance, et malgré cela et l'appui de 60 policiers municipaux, il assure ne pas pouvoir mettre fin aux trafics. "Il y a des rues où la police ne va plus", se désole-t-il. "J'essaie que cette situation difficile d'une famille soit utile, explique-t-il. On veut que ce cas réveille le ministère de l'Intérieur. Il ne suffit pas de définir des périmètres pour les zones de sécurité prioritaire, encore faut-il que tout cela se concrétise. Parce que s'il n'y a pas de forces de police supplémentaires, ce n'est pas la ville qui pourra changer les choses".

"Ce que j'entends dans ces quartiers-là, c'est 'monsieur le maire on a besoin de sécurité, on ne va pas organiser des milices pour assurer la sécurité nous-mêmes'".

"Les gens veulent pouvoir dormir tranquille et pour cela il faut que cette zone de sécurité prioritaire dont on entend parler depuis 2 ans se concrétisent", ajoute Guillaume Delbar.

P. Gril avec A. Manoli et JJ. Bourdin