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"Au 30 novembre on n'aura plus de quoi donner à manger à nos animaux": l'inquiétude des éleveurs des Alpes-Maritimes après les intempéries

La situation reste très compliquée pour les habitants de l’arrière pays. Les villages de Tende, Fontan et la Brigue sont toujours coupées du monde.

Une semaine après les crues dévastatrices dans le département des Alpes-Maritimes, le distributeur d'électricité Enedis est parvenue vendredi à rétablir l'électricité presque partout dans l'urgence, avant d'entamer des travaux de reconstruction de son réseau. 

"Il reste néanmoins une petite vingtaine de foyers qui seront réalimentés samedi matin par groupes électrogènes transportés par hélicoptère", précise Enedis dans un communiqué.

Seuls les hélicoptères peuvent accéder à la ferme intacte de Solange Pelissero. Cette éleveuse de vaches, installée au nord de Tende, s’inquiète pour ses bêtes. 

“il va falloir rentrer les bêtes à l’intérieur parce qu’il fera trop froid et il n’y aura plus assez d’herbe. Mais la grosse problématique, c’est qu’au 30 novembre on aura plus de quoi donner à manger à nos animaux. On pourra porter des vivres, mais c’est tout ce qu’on pourra faire. Le bois de chauffage pour les cinq mois d’hiver, l’accès ne sera jamais rétablis. Pour notre piste à nous, c’est au moins, une histoire d’année”, explique-t-elle. 

Des éleveurs dans l'urgence absolue

Pour rejoindre Tende, l’éleveuse met près de deux heures à pied et en quad. Toute la production est forcément stoppée, mais elle craint aussi “de perdre la totalité de nos revenus. On est en train d’étudier un circuit vers l’Italie. On essayer de ramener par la route les vaches à viande sur Breil. On essaye de ne pas voir trop loin pour ne pas avoir de désillusion”, affirme-t-elle.

Une vingtaine d’éleveurs est encore dans l’urgence absolue. Michel Dessus, est président de la chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes. 

“Aujourd’hui, il faut peut-être faire comprendre à certains éleveurs qu’il vaut mieux porter leurs bêtes dans le Var, en Italie ou dans un autre département. On ne veut pas que les éleveurs du département s’en aillent, mais s’il y a une période de neige ou de froid ça va être compliqué pour eux”, estime-t-il. 

La priorité est aussi de construire des enclos aux troupeaux encore traumatisés et très agités. 

Kelly Vargin avec Guillaume Descours