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"On vit d’aides, de primes et d’indemnisation": les orages ont ravagé les récoltes dans le Sud-Ouest

Les récoltes ont été ravagées dans le Sud-Ouest, frappées comme une grande partie de la France par de violents orages ce samedi.

Les orages qui ont traversé la France samedi ont fait beaucoup de dégâts. Chez les agriculteurs, l’heure est désormais à l’estimation. Car après le gel du mois d’avril, cet épisode climatique est une nouvelle épreuve pour toute la profession, surtout à quelques jours des moissons pour certains agriculteurs.

Productrice d’armagnac dans les Landes, Carole Guaraud a vu 70% de ses vignes ravagées en 10 minutes. "On a vu arriver ces gros nuages noirs et tout d’un coup, le vent s’est mis à souffler très fort et après il y a eu la pluie et la grêle et on a su que c’était fichu", assure-t-elle à RMC, encore très éprouvée.

Des intempéries à répétitions qui inquiètent profondément l’agricultrice landaise: "Si tous les ans, il y a des événements de ce type-là, je ne sais pas comment on va pouvoir poursuivre la viticulture mais le reste aussi".

"Il faut repenser tout le fonctionnement de notre société"

Jérôme Labat, éleveur céréalier dans le département voisin du Gers, a perdu quasiment toute sa récolte. Il sait qu’il va être indemnisé mais cette fois, il n’y croit plus: "On vit d’aides, de primes et d’indemnisation. Moi aujourd’hui, je suis en train de me demander s’il ne faut pas aller bosser ailleurs. Il y a un ras-le-bol complet".

Des aides oui, mais c’est surtout le système qui est à revoir pour Sylvie Colas, porte-parole de la confédération paysanne du Gers: "C’est bien en amont qu’il faut prendre le problème et notamment, repenser tout le fonctionnement de notre société. Il va falloir être résilient sur nos déplacements, notre consommation d’énergie sinon demain, c’est notre souveraineté alimentaire qui va en dépendre".

C'est une "vraie catastrophe" pour l’agriculture, a déploré dimanche à l’AFP la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. Le gouvernement de son côté a promis de déclencher rapidement des dispositifs de calamités agricoles département par département. Le ministère de l'Intérieur devrait déclarer l'état de catastrophe naturelle dans les prochains jours.

Estelle Henry (avec G.D.)