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Municipales 2020: face à la montée des eaux, le rude combat des maires du littoral

LES MAIRES FACE À LA CRISE (3\/5) - A Vias (Hérault), le maire Jordan Dartier tente de protéger sa commune et l'économie - qui sont menacées par la montée des eaux.

En France, le changement est déjà à l'oeuvre sur tout le littoral. L'avancée de la mer et l'érosion des plages menacent un quart des côtes françaises. Dans l'Hérault, la moitié du littoral pourrait même disparaître dans les prochaines décennies.

Nous nous sommes rendus dans la commune la plus menacée de ce département: la ville de Vias, 6.000 habitants, où un jeune maire divers droite, Jordan Dartier, tente de résister tant bien que mal à l'envahisseur marin. C'est son adversaire le plus coriace.

"On perd 1 à 3 mètres de plage chaque année"

En regardant les plans historiques de la côte, et le bord de plage actuel, le phénomène d'érosion est frappant.

"On perd 1 à 3 mètres de plage chaque année. Avant on pouvait avoir 50 à 100 mètres de plage à certains endroits. Une dune d'une largeur de dix mètres, et six mètres de haut. Et tout a été emporté, c'est impressionnant."

Pour protéger les habitants et reconstituer la plage, des bâtiments ont été rasés, quatre campings ont été en partie repoussés. Le patron du Méditerranée, Philippe Robert, a dû déplacer 40 mobil-homes de plusieurs centaines de mètres.

"Toute l'économie est basée sur ce bord de mer, s'il n'y a pas de plage on est tous morts. On fait vivre les personnes qui travaillent chez nous, mais aussi les gens du village, la station-service, le boucher etc... C'est toute une économie qui est liée à ça.
Il faut savoir entretenir, bien sûr que c'est de l'argent, mais c'est vital pour nous, c'est le fonds de commerce de notre région."

"Tout ce qui a été fait en partenariat avec les services de l'Etat ça n'a pas marché"

Aujourd'hui, Jordan Dartier en veut beaucoup au gouvernement. L'Etat a dépensé 4 millions d'euros inutiles, des travaux pour reconstruire et protéger la plage mais les équipements n'ont pas tenu.

"Il y avait des accès à la plage pour les personnes à mobilité réduite, elles sont parties à la mer, tout a été emporté par les flots... Tout ce qui a été fait en partenariat avec les services de l'Etat ça n'a pas marché, beaucoup d'argent public pour pas grand chose."

"Il faut toujours se battre, encore plus quand on a en charge un mandat public"

Freiner la puissance et la montée des eaux, la mission semble impossible à relever. Mais le maire refuse de se résigner.

"Bien sûr que l'Homme ne sera jamais plus fort que la nature, c'est à l'Homme de s'adapter. C'est par des solutions innovantes qu'on pourra s'adapter à la mer."

A quelques semaines des élections, il vient d'ailleurs d'obtenir une petite victoire. Le feu vert de l'Etat pour construire une protection contre la houle, en pleine mer. La seule solution selon lui pour éviter que son rivage soit, à terme, submergé.

"Dans la vie, il faut toujours se battre, encore plus quand on a en charge un mandat public. Comme disait le général De Gaulle, il n'y a que les batailles qui ne sont pas menées qui sont perdues d'avance."

RMC MUNICIPALES 2020

A moins de deux mois des élections municipales, tous les jours, à 6h40 et 8h, jusqu'au premier tour du scrutin le 15 mars, nos reporters sillonnent la France pour vous faire vivre ces élections. Au programme de la semaine, des rencontres avec ces maires qui ont affronté une crise majeure pendant leur mandat.

-LES MAIRES FACE À LA CRISE (1/5) - Le maire de Pessat-Villeneuve face à la crise migratoire

-LES MAIRES FACE À LA CRISE (2/5) - Comment le maire de Bessé-sur-Braye (Sarthe) a géré la crise Arjowiggins

-LES MAIRES FACE À LA CRISE (3/5) -

Juliette Droz et Benoît Ballet (avec J.A.)