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"Objectif Terre": comment les albatros aident les hommes à lutter efficacement contre la pêche illégale

Dans les mers australes, autour de l’Antarctique, des albatros patrouilleurs repèrent les pêcheurs illégaux.

Les mers australes, ce sont des millions de kilomètres d'étendue d'eau très difficiles à surveiller. Les albatros ont permis d’estimer qu'un tiers des bateaux y pêchent illégalement.

Ces immenses oiseaux, les plus grands de la terre, passent 80% de leur temps en mer. Ils peuvent voyager sur de très longues distances. Ils repèrent les bateaux jusqu’à 30km à la ronde puis fondent sur eux et les suivent dans l’espoir d’attraper un poisson.

C’est ce qui a donné l’idée à des chercheurs français de l’université de La Rochelle de les équiper d’une toute petite balise, de moins de 70g. Cette balise permet de connaitre en temps réel la position de l’albatros, mais aussi l’identification du bateau qu'il croise et son signal radar.

Sur 6 mois, 169 albatros équipés de balises ont quadrillé 47 millions de km2

Lorsqu’ils font de la pêche illégale, les navires désactivent leur système d’identification pour ne pas être repérés. En revanche pour des raisons de sécurité ils gardent leur radar, pour éviter les collisions.

Pour la première fois, grâce à ces albatros, les scientifiques ont pu avoir une idée de l’importance de la pêche illégale dans cette région du monde. Sur 6 mois, 169 albatros équipés de balises ont quadrillé 47 millions de km2.

Le constat : un tiers des bateaux croisés faisaient de la pêche illégale. Avec de grosse disparité selon les lieux: dans les terres australes et antarctiques françaises, pas de pêche illégale du tout. Ca montre l’efficacité des zones protégées et surtout de la marine française.

Le projet appelé “Ocean Sentinel” (sentinelle de l’océan) est un grand succès

En revanche au large de l’Afrique du Sud, tous les navires avaient désactivé leur système d’identification. Après, pourquoi ne pas utiliser des satellites pour surveiller la mer? Déjà parce que ça coûte cher. Et surtout parce que l’observation par satellite est beaucoup moins fiable que l’utilisation d’albatros.

Par exemple, avec une mer déchaînée, comme c’est souvent le cas à ces latitudes, avec un satellite, impossible de voir quoique ce soit. Aucun problème pour l’albatros.

Le projet appelé “Ocean Sentinel” (sentinelle de l’océan) est un grand succès. A tel point que la Nouvelle-Zélande et Hawaï veulent également le tester. Avec la possibilité d’équiper d’autres animaux à l’avenir comme des tortues marines.

Géraldine de Mori (avec J.A.)