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"Objectif Terre": la Finlande est le 1er pays au monde à enfouir ses déchets nucléaires à vie

Chaque matin, un sujet pertinent concernant l'environnement planétaire et les bonnes résolutions à prendre pour sa protection.

La Finlande sera le 1er pays au monde à enfouir "à vie" ses déchets nucléaires. Un “tombeau” conçu pour durer 100.000 ans. 

Percée dans la roche à 500 mètres de profondeur sur les rives de la mer Baltique, le tombeau d’Onkalo devrait enfermer un siècle de déchets nucléaires. Les premiers colis est prévu à partir de 2025, après avoir d’abord été refroidi en piscine pendant 40 ans. Ils seront ensuite entreposés dans des containers hermétiques en cuivre où ils resteront... pour toujours. Il ne sera plus possible de les récupérer.

L’installation n'a coûté “que” 3,5 milliards d’euros, c'est sept fois moins que le projet français de stockage géologique dans la Meuse.

D’ailleurs contrairement à la France où la question de l’enfouissement fait débat, en Finlande il fait consensus. Aucun problème pour la population qui vit près du site d’enfouissement, même les Verts sont pour. Il faut dire qu’en Finlande, le nucléaire est perçu comme la meilleure manière de lutter contre le réchauffement climatique, même si elle n’est pas renouvelable, mais parce qu’elle n’émet pas de CO2...

L'EPR finlandais pose toujours question

Depuis le mois dernier la Finlande est dirigée par Sanna Marin, femme, très jeune, sociale démocrate avec une forte sensibilité écologique. Son but est ainsi d’arriver à 50% de nucléaire dans le mix énergétique... Comme en France, sauf qu’ici, pour cela, on doit réduire la part du nucléaire alors qu’en Finlande, au contraire, on l’augmente...

Pour l'augmenter, il faut construire de nouveaux EPR. De ce côté-là, la Finlande, comme la France, est complètement embourbé dans son projet d’EPR 3eme génération. Il devait être mis en service en 2009.

Finalement ce ne sera pas avant mars 2021, au mieux... Ca vous rappelle quelqu’un? 

Il s'agit du même problème qu’en France: problèmes techniques, retard de livraison de pièces, ça n’en finit pas... Et ça coûte très cher à Areva, en charge de sa construction. Elle doit déjà verser 450 millions d’euros “en compensation de sa responsabilité dans les retards” et ce n'est pas terminé... A partir d’aujourd’hui, elle devra payer 20 millions de plus pour chaque mois de retard. 

Géraldine de Mori