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"Objectif Terre": les ours sont déjà sortis d'hibernation

Le printemps n’est pas encore là, et pourtant les ours ont déjà fini leur hibernation. Ils sont sortis de leur tanière avec parfois un mois d’avance.

C’est parfois le réveil le plus précoce jamais observé, que ce soit aux Etats Unis, en Russie ou dans plusieurs pays d’Europe. Au Zoo de Moscou par exemple, les 3 ours viennent de retrouver leur enclos, alors que l’an dernier ils n’étaient pas sortis avant le mois d’avril. Il faut dire que l’hiver a été exceptionnellement doux, le plus doux jamais vu notamment en Europe et en Russie.

A Moscou, la température moyenne de l’hiver a même été positive, légèrement au dessus de 0° (0,2°C), une première, l’ancien record datait de 1961, il a été pulvérisé de pas moins de 3°! L’hibernation des ours dure généralement entre 5 et 8 mois, selon les régions. Là elle n’a parfois été que de 2 mois.

Un réveil précoce pas sans conséquences...

Le principe de l’hibernation, c’est de faire fonctionner son corps au ralenti pour échapper au froid et au manque de nourriture. L’ours arrive comme ça à ralentir son rythme cardiaque, baisser sa température corporelle pour limiter au maximum sa consommation d’énergie et il vit sur les réserves de graisse qu'il s'est fait avant l'hiver. Il est censé se réveiller quand les conditions deviennent plus favorables.

Sauf qu’en cette période de l’année, la nourriture se fait encore rare, les ours sauvages, affaiblis ont du mal à se nourrir et c'est comme ça qu'on les voit se rapprocher de plus en plus des villes pour survivre. Par ailleurs, l’hibernation permet un ralentissement du vieillissement, plus l'hibernation est courte, plus l'ours vieillit prématurément.

Les ours ne sont d’ailleurs pas les seuls touchés

Dans le Var, les tortues sont sorties de leur hibernation avec plus d’un mois d’avance et elles sont déjà prêtes pour la reproduction. Même chose pour les chauve-souris, toujours avec les mêmes conséquences. D'autant qu'à cette période de l'année on peut encore avoir un coup de froid qui pourrait être fatal à certains de ces animaux.

Si nous venons de vivre un hiver historiquement doux, on voit que de manière générale la période d'hibernation est de plus en plus courte, encore une conséquence du réchauffement climatique.

Géraldine de Mori (avec J.A.)