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Ouverture de la Cop 27: à quoi sert ce grand rendez-vous de l'environnement?

L'Egypte accueille les dirigeants du monde entier à la Cop 27 pour tenter de donner un nouveau souffle à la défense commune de notre planète. Certains écologistes n'en attendent plus grand-chose, quand d'autres assurent que ce rendez-vous reste crucial.

Alors que les huit dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées, les dirigeants du monde vont-ils pouvoir avoir un impact sur la protection de la Terre?

La conférence de l'ONU sur le climat s'est ouverte dimanche à Charm el-Cheikh, en Egypte, avec une nouvelle mise en garde sur une accélération du réchauffement climatique, dont le financement des dégâts sera pour la première fois officiellement au menu des discussions.

Au total, plus de 30.000 participants sont attendus. Jusqu'au 18 novembre, les délégués de près de 200 pays vont tenter de donner un nouveau souffle à la lutte contre le réchauffement. Plus de 120 chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus ce lundi et mardi pour cette Cop 27.

Mais la question de la pertinence de cet évènement se pose chez les militants écologistes. Les objectifs des Accords de Paris, applaudis à l'issue de la Cop 21 en 2015, ne sont toujours pas respectés. Les pays s'étaient engagés à une hausse contenue à 2 degrés maximum d'ici la fin du siècle, le scénario actuel va plutôt vers les 2,5 degrés de plus.

"Que du bla-bla", "l'ancien monde", dénoncent des jeunes écolos

Face à l'urgence, la militante écologiste Greta Thunberg ne se rendra pas à la Cop 27. La militante écologiste estime que cette grand-messe de l'ONU est devenue inutile et qu'elle ne sert qu'à donner une image écolo sans actes. Pour de nombreux jeunes, la Cop représente l'ancien monde. Les disciples français de Greta Thunberg, la Jeunesse pour le Climat, vont également boycotter le rendez-vous:

"Aujourd'hui, retourner à la Cop, c'est continuer à perdre du temps à parler à des dirigeants alors qu'en fait il n'y a que du bla-bla", dénonce Olive, membre de ce groupe.

Rendez-vous crucial pour mettre la pression sur les politiques, selon les grosses ONG

A l'inverse, ce rendez-vous reste incontournable selon les grandes ONG écologistes, pour faire pression sur les dirigeants, assure Aurore Mathieu du Réseau Action Climat, présente à la Cop en tant qu'observatrice.

"Je comprends très bien que ça puisse être perçu comme inutile et désespérant. Par contre, c'est le seul espace où tous les dirigeants se réunissent autour de la même table. Il faut être investi pour pousser les chefs d'Etat à être le plus investis possible", assure-t-elle.

Aux yeux des ONG, cette Cop 27 pourrait être utile sur le plan de la dette climatique, adoptée depuis 13 ans mais jamais appliquée. C'est un système qui fait que les Etats les plus développés versent des fonds aux pays moins développés qui sont en première ligne des dégâts climatiques.

"Cette année, on a une Cop qui se déroule en Afrique. La voix des pays les plus vulnérables a plus de chances d'être entendue. Les Etats-Unis donnent des signes d'ouverture, donc il y a un espace", assure Clément Sénéchal, de la délégation de Greenpeace France.

Les participants s'attendent, en revanche, à des reculs sur d'autres sujets à cause de la crise énergétique et de la guerre en Ukraine.

Nicolas Traino (édité par J.A.)