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Rush chez les producteurs de sapins: "Dans les 10 prochains jours, je réalise 80% de mes ventes"

Une exploitation de sapins (photo d'illustration)

Une exploitation de sapins (photo d'illustration) - JEFF PACHOUD / AFP

Coup d'envoi de la course au sapin de Noël. Producteur dans le Bas-Rhin, Christian Loew tient une exploitation de 7 hectares où les clients peuvent couper leur sapin eux-même. Il en vend par centaines jusque mi-décembre. A RMC.fr, il raconte comment il affronte ce rush de fin d'année avant les premières ventes. Deux mois au rythme intensif.

Christian Loew tient une exploitation de sapins à Bourg-Bruche en Alsace visible sur sa page Facebook

"Je suis en plein rush. Précisément le dernier week-end de novembre coïncide avec l'arrivée de personnes et d'agences qui ont besoin d'un sapin de Noël tôt dans l'année. Ensuite, il y a un petit creux de quelques jours. Puis les puristes qui achètent leur sapin à partir de la Saint-Nicolas. Entre le 5 et le 18 décembre, c'est le rush de la vente au détail. On vient de Strasbourg, et de partout en France.

"Je coupe toujours selon la demande, et pas à l'avance"

Ce n'est pas tant le fait de gérer les arrivées des particuliers qui est intense, mais plutôt les acheteurs-revendeurs. Ceux qui qui viennent ces jours-ci chercher leurs sapins pour commencer la vente dès la semaine prochaine, notamment dans les grandes villes.

Ici, comme je fais la coupe, les gens viennent eux-mêmes choisir le sapin. Je coupe toujours mes sapins au dernier moment, quand le client me demande. Toujours selon la demande, et pas à l'avance.

Dans mon exploitation, un grand jardin vallonné, il n'y a pas une parcelle qui ressemble à une autre. Ce n'est pas une grande production, ce n'est pas comme un champ de maïs de 10 hectares. Il y a des chemins, j'ai laissé pousser différents feuillus… Il y a des espaces avec des vignes, des cours d'eau. C'est un peu une production paysagère. Au niveau visuel, c'est sympa.

"Un travail assez physique"

Je plante au printemps. Je repique au mois de mars. Ensuite, il y a un temps pour tailler les sapins pour ceux qui sont trop larges. On tond l'herbe. Je broie les branches qui tombent. J'ai fait moi-même des composts. On entretient les grillages -tout est engrillagé à cause du gibier. C'est un travail assez physique car je travaille la terre toute la journée. Mais je suis habitué.

Dans les 10 prochains jours, je réalise 80% de ma vente. Le matin, on coupe des sapins selon les commandes qu'on a reçues. Il y a différentes espèces, différentes tailles. Ils font de 50 centimètres à douze mètres de haut!

On les emballe avec une emballeuse hydraulique, avec laquelle on peut emballer à deux des sapins qui font trois mètres -on y arriverait jamais à la main. On travaille en famille. Moi avec mon neveu. Ensuite, on met les arbres sur une plate-forme, on les calibre selon la taille, par qualité.

La plupart de mes clients veulent du premier choix, notamment les fleuristes et les restaurateurs qui ont certains besoins précis. Et le travail se termine à la nuit.

Il y a aussi la coupe directement dans la plantation, par des clients qui abattent leur arbre eux-même. Par exemple, ce matin, un père accompagné de son fils a coupé un sapin de 2 mètres 50. Il était ravi. L'enfant qui voit son père couper un arbre, c'est tout un symbole."

Propos recueillis par Paul Conge