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Sécheresse: Marco, maraîcher, cultive tous ses légumes sans eau... et ça fonctionne

Une technique étonnante, mais qui s'avère très utile cet été. Marco Mascetti, maraîcher en Essonne, cultive ses 17 ha de légumes sans une seule goutte d'eau. Utilisée depuis trois générations dans sa famille, cette pratique fait la différence en période de sécheresse.

Contrairement à la grande majorité des agriculteurs, la sécheresse qui sévit dans le pays cet été n'a pas d'incidence sur les cultures de Marco Mascetti. Ce maraîcher en Essonne, n'utilise ni eau, ni pesticide, sur ses 17 hectares de légumes.

Une technique familiale

"J’enfouis beaucoup de matière organique humide au printemps, au mois de février, et après je laisse mes légumes se débrouiller pour aller chercher l’humidité et leur nourriture en profondeur", souligne-t-il.

Cette technique, qui lui vient de son grand-père, est utilisée depuis trois générations dans sa famille. Force est de constater qu'elle a fait ses preuves.

"Il faut arrêter de nourrir systématiquement les plantes, de leur donner à boire, les soigner", ajoute le maraîcher.

"Plus ça va aller, moins on va avoir d'eau"

Pour autant, Marco Mascetti, admet que certains légumes ne résistent pas et meurent. Plantes aromatiques, poivrons, aubergines, tomates et d'autres, sa solution, c'est de produire beaucoup. "S'il y en a qui perdent, d’autres rattrapent. Il y a des légumes qui ont besoin d’humidité et d'autres qui ont besoin de sécheresse."

Quelques conséquences, mais pas de quoi remettre en cause le modèle. "On n’a pas vendu une tomate trois années d’affilées et ça n’est pas pour ça que l’exploitation a coulé." La sécheresse et le manque de précipitations pourraient donc être source de réflexion et d'évolution pour les cultivateurs.

"Plus ça va aller, moins on va avoir d'eau. Ça va être à nous de réfléchir, et de travailler différemment, autrement. Sinon, l’eau va devenir aussi chère que le pétrole. Donc à un moment, on ne va plus s’en sortir."

Marco Mascetti n'a, en revanche, pas à se poser ces questions grâce à sa technique.

Tanguy Roman-Clavelloux (édité par Astrid Bergere)