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Sécheresse: Christiane Lambert alerte sur les pertes agricoles estimées à près d'un milliard d'euros

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert lors d'une conférence de presse le 23 mars 2022 à Paris. (Photo d'illustration)

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert lors d'une conférence de presse le 23 mars 2022 à Paris. (Photo d'illustration) - Eric PIERMONT © 2019 AFP

Les fortes chaleurs connues depuis le printemps vont donner lieu à "des pertes historiques" pour les agriculteurs, selon la présidente de la FNSEA. Ils manqueront également de fourrage pour leur bétail cet hiver.

"Les récoltes sont vraiment en danger". Invitée de RMC, Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA, a alerté ce lundi sur l'état de l'agriculture dans le contexte de très fortes chaleurs et de sécheresse connu partout en France.

Les agriculteurs et viticulteurs s'attendent à "une perte énorme" a-t-elle indiqué.

"Les récoltes sont vraiment en danger, pour certaines d'ailleurs c'est foutu comme pour le maïs [...], il n'y aura pas d'épi, il n'y aura pas de grains, c'est une perte en quantité et en qualité".

"Des pertes historiques"

Selon la présidente de la FNSEA, cela s'explique par "l'hiver très sec", le "printemps chaud", et "l'été caniculaire avec des températures élevées qui durent sur une longue période" connus cette année. Un contexte "historique" qui va engendrer "des pertes historiques" d'après ses estimations.

"Ca se chiffrera certainement proche du milliard [d'euros de pertes, NDLR], voire plus, tellement ça touche tous les secteurs" a-t-elle estimé.

Et la sécheresse va aussi avoir des conséquences sur l'alimentation du bétail. "On va manquer de fourrage pour nourrir les bêtes cet hiver" a déploré Christiane Lambert.

En effet, depuis deux semaines, certains agriculteurs sont déjà contraints d'utiliser les stocks de foins qui devaient servir pour nourrir leurs animaux cet hiver.

Les agriculteurs indemnisés?

Si certains agriculteurs pourront bénéficier d'une indemnisation calamités agricoles, ce ne sera pas le cas de ceux qui possèdent des cultures assurables, comme les viticulteurs, a-t-elle aussi rappelé. Or, seulement "30% des agriculteurs en grande culture et vignes" sont assurés.

La présidente de la FNSEA a alors indiqué que le syndicat travaille pour mettre en place "le nouveau dispositif de gestion des risques" climatiques en agriculture voté en mars par le Parlement et qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2023.

Emilie Roussey