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Sécheresse: "On commence à irriguer les vignes, c'est du jamais-vu", alerte une agricultrice

Les cultures souffrent cet été du manque de pluie et de la canicule. Sur RMC, l'arboricultrice et présidente du syndicat des Jeunes agriculteurs dans le Vaucluse Audrey Piazza alerte sur l'état des terres et appelle à trouver des solutions.

"Il y aura des pertes très sévères". Interrogée sur RMC jeudi matin, Audrey Piazza, agricultrice et présidente du syndicat des Jeunes agriculteurs dans le Vaucluse alerte sur l'état des terres alors que la totalité des départements métropolitains ont été placés en vigilance ou alerte sécheresse.

"Sur une exploitation en polyculture comme la mienne il y a des conséquences très graves sur les trois filières (fruits, cultures, vignes), il y aura des pertes, des problèmes de qualité, de calibres, de rendement, il y aura même peut-être des pertes très sévères" prévient Audrey Piazza.

"C'est très inquiétant"

La sécheresse est telle qu'Audrey Piazza assure avoir commencé à irriguer ses vignes, "du jamais-vu".

"On commence à irriguer des vignes, c'est du jamais-vu, on n'a jamais arrosé des vignes, c'est des végétaux qui se suffisaient à eux-mêmes, avec des réserves d'eau suffisantes mais depuis le mois de janvier on a des cumuls extrêmement faibles, les nappes sont très basses, les cours d'eau sont vides et c'est très inquiétant" alerte l'arboricultrice.

Plus d'un milliard d'euros de pertes

Et la situation pourrait encore empirer si l'hiver prochain est encore sec, selon elle. C'est pourquoi Audrey Piazza appelle à "trouver des solutions" pour ne pas "laisser sur la touche" certains agriculteurs. Elle évoque notamment le système de calamités agricoles, ou la mise en place d'un fonds d'urgence.

"Il faut absolument faire quelque chose, on essaye de s'adapter, de changer nos pratiques, nos cépages, nos variétés de fruits mais il va falloir que tout le monde mette la main à la pâte parce que malheureusement je pense que ce n'est pas une situation qui va aller en s'arrangeant", avertit à nouveau la syndicaliste.

Si Audrey Piazza n'a pas encore pu évaluer les pertes sur son exploitation, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a estimé sur RMC lundi qu'elles pourraient dépasser le milliard d'euros à l'échelle nationale.

Emilie Roussey