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Sécheresse, vagues de chaleur... "On peut avoir une famine dans peu de temps", craint Didier Giraud

Plusieurs départements français ont été placés en vigilance sécheresse alors que le pays est touché par une vague de chaleur précoce en ce mois de mai. Didier Giraud, agriculteur, craint les conséquences sur les récoltes alors qu'il y a de moins en moins de producteurs et des aléas climatiques de plus en plus graves.

Grand bleu sur la France. Le pays est depuis quelques jours touché par une vague de chaleur exceptionnelle pour la saison. Des températures qui atteignent presque les 30 degrés, pas de pluie, autant de choses qui permettent à la sécheresse de gagner du terrain. 15 départements français sont placés en vigilance sécheresse, et dans certains comme dans le Cher, l’Indre ou encore le Loiret, des restrictions d’eau sont mises en place.

Et cette sécheresse inquiète fortement les agriculteurs. La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, avait indiqué lundi qu’“aucune région n’est épargnée”.

Pourtant, le mois de mai est un mois décisif pour les récoltes comme l’explique l’agriculteur Didier Giraud.

“Le rendement est en train de se jouer là. Globalement, si tu prends un hectare de blé, ça se sème à l’automne donc aujourd’hui la culture est implantée, l’épi est en train de monter dans la tige et c’est à ce moment-là que se joue le remplissage des grains. Du coup le poids d’un hectare de blé, c’est dans les quinze jours qui arrivent que ça va se jouer et à ce moment-là, il faut de l’eau”, explique-t-il dans les “Grandes Gueules”.

Des aléas climatiques de plus en plus fréquents

Selon lui, cette situation est préoccupante parce qu’elle s’inscrit dans une tendance générale.

“Ce qui fait qu’aujourd’hui au bout de deux jours de temps un peu plus chaud qu’à la normale tout le monde s’affole, c’est aussi que depuis maintenant des mois, on entend la petite musique autour de l’augmentation du prix du blé, de l’augmentation des matières premières, de la guerre en Ukraine. Et donc le moindre aléa climatique sur un marché hypertendu rend le truc hyper dangereux. Je pense qu’on peut voir arriver la famine dans peu de temps parce qu’il y a de moins en moins de producteurs, parce que les aléas climatiques sont de moins en moins exceptionnels, tous les 30 ans”, ajoute-t-il.

Dans la Loire-Atlantique, les agriculteurs ont été invités à réduire leurs prélèvements d’eau. D’autres restrictions ont également été annoncées dans les Alpes-Maritimes et dans les Deux-Sèvres par exemple.

Guillaume Descours