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Séisme au Népal: "On n'a pas encore vu le pire", dit Action contre la faim

Vincent Taillandier, directeur des opérations d’Action contre la faim, ce mardi matin sur RMC.

Vincent Taillandier, directeur des opérations d’Action contre la faim, ce mardi matin sur RMC. - Capture RMC découverte

RMC et Action contre la faim se mobilisent pour venir en aide aux victimes du séisme qui a frappé le Népal samedi, et dont le bilan pourrait dépasser les 10.000 morts selon les autorités népalaises. RMC a pu joindre une équipe d'Action contre la faim à Katmandou.

RMC se mobilise aux côtés d’Action contre la faim pour venir en aide aux victimes du séisme au Népal. "Une catastrophe majeure", a rappelé ce mardi matin sur RMC Vincent Taillandier, directeur des opérations d’Action contre la faim. Sur près de 28 millions d'habitants, 8 millions ont été touchés par la catastrophe, et selon le Premier ministre népalais, le nombre de victimes pourrait atteindre les 10.000 morts. "Parmi les 8 millions de personnes (touchées par la catastrophe), 2 millions au moins sont en besoin d'assistance immédiat, c’est-à-dire qu'ils ont tout perdu. Ils ont perdu leur foyer, et n'ont plus d'accès à l'eau ni à la nourriture. C'est pourquoi il est important d'intervenir le plus vite possible". Une intervention "qui va durer certainement plusieurs mois".

"La population vit dehors par peur des répliques"

"Le risque, au-delà des victimes du tremblement de terre, c'est que tous les sinistrés ou des personnes abandonnées en pleine campagne ne puissent survivre par manque de moyens alimentaires. Qu'ils ne puissent pas manger ou boire dans les prochains jours ni soigner leurs blessures", a ajouté Vincent Taillandier.

Si le matériel et les experts d'Action contre la faim sont en cours d'acheminement au Népal, dont des experts pour le traitement de l'eau et la mise en place de moyens sanitaires, des équipes de l'ONG sont déjà sur place. RMC a pu joindre Martin Rosselot à Katmandou, capitale du Népal. "Le séisme est arrivé il y a trois jours mais on a eu des répliques constantes – une centaine, dont certaines extrêmement fortes. La population est donc restée dehors", raconte-t-il. "Aujourd'hui la plupart essaye de dormir en dehors des maisons, donc on a des petits camps à Katmandou et partout dans la vallée. Il n'y a pas de fuite des habitants. Mais on n'a pas vu le pire, parce qu'on n'a aucune information sur la situation dans les zones rurales", prévient-il.

"Le plus important, c'est l'accès à l'eau potable"

Martin Rosselot raconte que la vie reprend petit à petit à Katmandou. "Le trafic a repris tout doucement, certains commerces ont commencé à rouvrir, mais on va arriver rapidement à des pénuries". C'est pourquoi, selon lui, "le plus important, c'est l'accès à l'eau potable et à l'électricité. On va également avoir des problèmes d'assainissements avec des risques d'épidémies. En terme de qualité d'eau on a déjà un problème et il va falloir être très réactif là-dessus".

Dès leur arrivée sur place, les ONG vont également rapidement entamer des distributions alimentaires pour les populations déplacées. Autre priorité: dresser des tentes pour accueillir les rescapés dont les maisons sont détruites. Car la pluie, qui tombe en ce moment au Népal, complique la situation sanitaire sur place.

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Philippe Gril avec Adrien Borne