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Si la Grèce sort de l'euro je vous prédis une catastrophe dans les 48h

Pour Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, l'avenir de la Grèce dans la zone euro dépendra de l'attitude de son Premier ministre Alexis Tsipras ce mardi au sommet des chefs d'État réunis à Bruxelles.

Dans quel état d'esprit Alexis Tsipras se rend ce mardi à la réunion des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro, à Bruxelles? S'il est conforté par le résultat du référendum de dimanche, la démission de son ministre des Finances, le controversé Yannis Varoufakis, pourrait être un signe positif au moment où s'ouvrent les négociations de la dernière chance pour la Grèce, bientôt à court de liquidités.

Pour Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman (qui œuvre en faveur de la construction européenne), l'attitude du Premier ministre Grec est la clé de ce sommet. Les pays européens attendent de lui de nouvelles propositions. "Est-ce que Tsipras a l'étoffe d'un homme d'État avec la capacité de négocier la poursuite de l'aide des européens - Il n'y a plus que les européens qui veulent aider la Grèce - ? Ou est-ce qu'il reste un chef de parti idéologue et à ce moment-là il continue à vouloir changer les règles du jeu et à poser ses conditions à des gens à qui il doit 300 milliards d'euros ?", a-t-il interrogé ce mardi chez Jean-Jacques Bourdin. "La Grèce peut toujours mordre la main qui le nourrit. Moi je pense qu'un vrai chef d'État regarde comment on peut s'entendre".

"S'il n'y a pas d'accord, il n'y a plus d'argent"

Si beaucoup de pays ne verraient pas forcément d'un mauvais œil une sortie de la Grèce de la zone euro, la France elle, plaide toujours pour la solidarité avec Athènes. "Les européens veulent avoir la certitude que la dette ne continue pas à s'aggraver, explique Jean-Dominique Giuliani. On veut bien passer l'éponge à condition que ça ne continue pas, or depuis cinq mois c'est ce qui se passe".

La balle est dans le camp d'Athènes, estime le président de la Fondation Robert Schuman, qui rappelle qu'il y a "300 milliards d'argent grecque en Suisse", et que "les armateurs ne paient pas d'impôts". "Les faire payer, c'est le boulot de la Grèce. C'est la seule chose que veulent les créanciers: arrêter de creuser le trou. Le précédent gouvernement commençait à avoir un excédent, mais depuis janvier c'est fini, tout cela pour des raisons idéologiques", regrette-t-il. "Il faut effacer une partie de la dette grecque, mais il faut un plan pour que l'impôt rentre. N'importe lequel de nos touristes qui va en Grèce le sait : là-bas on paie tout en cash".

Jean-Dominique Giuliani l'assure, après avoir dit non dimanche à l'austérité, "le peuple grec peut dire non à la zone euro, mais je vous prédis une catastrophe dans les 48h. Demain s'il n'y a pas d'accord, il n'y a plus d'argent. Et s'il n'y a plus d'argent, vous ne pouvez pas payer votre pain, votre lait pour bébé".