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"Assassinat", "Révoltant": pourquoi la classe politique est en colère contre la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune

L'industriel japonais a annoncé mercredi la fermeture à l'horizon 2021 de son usine du Pas-de-Calais, employant 863 personnes.

Tous d'une même voix parlent d'une décision brutale, d'une "trahison", voire d'un "assassinat prémédité". La décision du groupe japonais de pneumatiques Bridgestone de fermer son usine de Béthune a déclenché une véritable bronca politique: l'industriel japonais a annoncé mercredi la fermeture à l'horizon 2021 de son usine du Pas-de-Calais, employant 863 personnes.

Pour le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, c'est un "assassinat prémédité": à la sortie d'une réunion avec les syndicats mercredi, il ne cache pas sa colère et entend "forcer" le groupe à définir un nouveau projet industriel. Ce jeudi, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a jugé cette annonce de fermeture "révoltante", assurant que le gouvernement allait se "battre" pour trouver une solution.

Si la direction de Bridgestone évoque une surcapacité de production en Europe, la concurrence des marchés asiatiques à bas coûts, les syndicats et le gouvernement pointent le manque d'investissement du groupe japonais dans son usine. Ce qui fâche autant, c'est aussi le montant des aides publiques dont à bénéficié le groupe ces dernières années: 500.000 euros d'aides à l'investissement en 2008, plus de 120.000 euros pour financer la formation depuis 2016 et 1,8 millions d'euros en 2018 au titre du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.

Sur RMC, le maire de Béthune a réaffirmé qu'"On ne pouvait pas s'y attendre". Invité d'Apolline de Malherbe, Olivier Gacquerre, confie que "Nous avions un dialogue permanent avec Bridgestone. On se rend compte que tout était voulu et prévu depuis longtemps. Ils ont arrêté d'investir et laissé des machines se dégrader: on a sacrifié l'outil de production", Olivier Gacquerre, maire (UDI) de Béthune dans le Pas-de-Calais, sur RMC.

Pour sa part, Xavier Bertrand assure même que le groupe a dit non à toutes les propositions faites par la région et l'Etat pour sauver l'usine dans le cadre du plan de relance. "Il n'y a pas beaucoup de recours possibles: on est au bout d'un système. Soit on se met tous autour de la table, soit on les fait payer", argument Olivier Gacquerre, le maire de Béthune sur RMC. 

Pierrick Bonno et Xavier Allain