RMC

Attentat déjoué: "Rien ne donnait l'impression que Djébril s'était radicalisé"

Les trois suspects devraient sortir de garde à vue ce vendredi matin

Les trois suspects devraient sortir de garde à vue ce vendredi matin - AFP

REPORTAGE - Parmi les trois jeunes hommes soupçonnés d'avoir projeté l'attaque d'une installation militaire des Pyrénées-Orientales et la décapitation d'un officier au nom du jihad, il y a Djébril, 23 ans, ancien matelot de 1ère classe. Il vivait chez sa mère dans un quartier populaire de Marseille. Sur place les voisins sont stupéfaits comme a pu le constater RMC.

L'enquête avance. On en sait un peu plus sur les trois jeunes hommes, dont un ancien militaire, soupçonnés d'avoir projeté l'attaque d'une installation militaire des Pyrénées-Orientales et la décapitation d'un officier au nom du jihad. Il y a tout d'abord, Ismaël, 17 ans, considéré comme l'instigateur du projet, a été arrêté à Valenciennes. Il était placé sur écoute par la DGSI. Ensuite, Antoine, 19 ans, arrêté au Chesnay (77), s'était converti récemment à l'Islam. Et enfin, Djébril, 23 ans, est un ancien militaire de la Marine nationale. Réformé après plusieurs arrêts maladie, il était fiché "S" (sûreté de l'Etat) par la DGSI.

Il a été arrêté dans un quartier populaire de Marseille où cet ancien matelot de 1ère classe vivait chez sa mère. Une arrestation qui a laissé des traces dans le voisinage comme a pu le constater RMC. Il faut dire que les policiers, venus en nombre, ont fait une véritable démonstration de force. "J'étais à la fenêtre et j'ai vu trois grosses berlines de policiers et un gros fourgon rempli de policiers cagoulés", témoigne Alain. Plusieurs jours après cette arrestation, la surprise ne retombe pas dans le quartier. Pour cause, ici, Djébril est perçu comme un jeune homme au-dessus de tout soupçon.

"Si c'est pour se faire mousser…"

"Il n'est pas du tout dans la religion comme on pourrait le penser, pas du tout. Il ne portait pas la barbe, de vêtements islamiques. Il n'y a rien qui donnait l'impression qu'il s'était radicalisé", assure Laurent, un voisin. Djébril, un ancien marin de première classe soupçonné de vouloir se retourner contre ses anciens frères d’armes? Albert n’arrive pas à imaginer que le jeune homme en soit capable.

Ainsi, le retraité, et il n’est pas le seul dans ce quartier populaire de Marseille, ressent un certain malaise face à la communication de cette affaire de la part du gouvernement: "Je suis désolé mais quand on en parle sans cesse sans avoir les résultats de la garde à vue… Si c'est pour se faire mousser sur un cas qui n'en vaut pas la peine…" A noter qu'à l'issue de leur garde à vue qui s'achève ce vendredi, les trois suspects pourraient être présentés devant un juge.

Stéphane Burgatt avec Maxime Ricard