RMC

Bougrain-Dubourg dénonce le "lobbying surréaliste" des chasseurs et les promesses reniées de Macron

Invité de la Matinale Week-End de RMC, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, a regretté qu'une interdiction de la chasse le dimanche ne soit pas prononcée et dénonce le lobbying puissant de la chasse auprès du pouvoir.

Une tribune dans le Journal du dimanche demande au gouvernement d'instaurer un jour sans chasse. Parmi ses signataires, Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux. Invité de la Matinale week-end de RMC, il revient sur cette proposition qui devrait être écartée par le gouvernement dans le futur plan chasse.

Le militant écologiste dénonce une décision "dommage et grave" et une promesse reniée du chef de l'État, Emmanuel Macron: "le Président s'était engagé à avoir une vision environnementale de sa politique pour son seconnd quinquennat . En n'écoutant pas les Français, il se tire une balle dans le pied tout simplement" explique-t-il.

D'après un sondage commandé par les associations pour la nature, 80% des Français demandent un dimanche sans chasse, avec à 74% des ruraux qui se sentent en insécurité à cause de la chasse:

"La société bouge et il faut l'écouter, l'entendre. Refuser ce que demande la société, c'est une forme de mépris. La ruralité a bougé. Il y a des VTTistes, des cavaliers, des randonneurs, des familles qui se promènent dans la nature. Ce n'était pas vrai au siècle dernier."

"Un lobbying surréaliste"

Allain Bougrain-Dubourg estime qu'un jour sans chasse "c'est une chasse durable, une chasse d'avenir, consciente des réalités de la société." Si ce jour sans chasse n'est pas mis en place, c'est à cause d'un "lobbying surréaliste qui a une influence considérable" auprès du pouvoir:

"Emmanuel Macron est plus du côté d'une poignée de chasseurs que d'une majorité de Français", dénonce-t-il.

Le patron de la Ligue des oiseaux dénonce les "extrême-chasses" et les propos du président des chasseurs, Willy Schraen qui estimait sur France Info que le passage d'une telle réforme ne mettrait "pas à cinq ans" à mettre "la ruralité à feut et à sang":

"Mais on est dans quel pays? On est au début du 21ème siècle pour que si on bouge un cil, ils vont mettre la ruralité à feu et à sang? C'est une honte ! Est-ce qu'on mesure ce type de propos?", s'insurge Allain Bougrain-Dubourg.

>>> Suivez RMC sur Google pour retrouver les dernières actualités

Une application? "C'est dangereux !"

La proposition de l'exécutif pour remplacer cette interdiction serait une application où les chasseurs se signaleraient pour que les promeneurs puissent les localiser:

"C'est une dangereuse plaisanterie, un gadget", dénonce le militant écologiste.

"D'abord, les chasseurs ont indiqué qu'ils n'avaient pas tous envie d'avoir l'application", note Allain Bougrain-Dubourg. Ensuite, il estime dangereux cette idée par une inversion des rôles: "on pourrait dire aux promeneurs qu'ils n'avaient pas l'application. Si quelqu'un se fait flinguer et n'avait pas l'application, c'est la double peine. Ce n'est pas acceptable et en plus c'est facultatif. Ce n'est pas comme à qu'on va partager la nature?" Pour lui, "ce n'est pas aux promeneurs de faire attention aux chasseurs, mais l'inverse", conclut-il.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC