RMC

Burkini dans les piscines: Eric Piolle, le maire de Grenoble, veut "enlever tous les interdits"

Eric Piolle, le maire de Grenoble, fait voter ce lundi au conseil municipal sa proposition controversée sur l'autorisation du burkini dans les piscines. Sera-t-elle acceptée ? Il a expliqué sa position ce lundi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story.

Un enjeu très sensible au conseil municipal de Grenoble, ce lundi. Eric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, va proposer au vote sa mesure controversée sur l'autorisation du burkini dans les piscines. Et il fait face à une fronde importante, même dans sa majorité. "Je ne souhaite pas particulièrement autoriser le burkini. Je souhaite enlever tous les interdits qui pèsent aujourd’hui sur les tenues vestimentaires des femmes, explique-t-il ce lundi dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. Je souhaite qu’elles puissent aller à la piscine les seins nus, comme les hommes, que tout le monde puisse porter des maillots couvrants pour se protéger du soleil. Je souhaite que les femmes et les hommes puissent exprimer leurs opinions politiques et religieuses à la piscine, comme dans la rue, comme le dit la loi de 1905."

"Chacun s’habille comme il veut, assure Eric Piolle. Les femmes qui demandent à se baigner en burkini ne le font pas tellement pour des raisons religieuses. Elles pointent une discrimination. Les discriminations qui ont été introduites dans les règlements des piscines à Grenoble, en 2012, pèsent sur le corps des femmes. Elles leur disent : vous ne pouvez pas vous mettre les seins nus ou porter un maillot couvrant. Comme à l’Assemblée nationale ou au Sénat il y a dix ans, quand les femmes ne pouvaient pas rentrer en pantalon. Cela s’est passé à Rennes, il y a quatre ans, avec une maire socialiste et le soutien de trois députés de La République En Marche. Est-ce qu’il y a des problèmes dans les piscines de Rennes, quatre ans après ?"

"Nous sommes rentrés dans ce débat d’abord par la santé, souligne le maire de Grenoble. Nous avons fait un plan canicule en 2018 et on s’est dit : ‘On veut faire la promotion de la santé, mais on interdit dans nos piscines les maillots couvrants pour se protéger du soleil’. Et deuxièmement, nous sommes rentrés dans ce débat avec un combat féministe. Nous voulons arrêter que le corps des femmes soit un objet sexuel. Et qu’on leur dise, comme aux beach-handballeuses, ‘il faut que vous montriez vos fesses pour jouer’. On a envie, juste, que les femmes et les hommes puissent s’habiller comme elles et ils le souhaitent. Et que ça ira mieux."

"J’ai hâte de voir monsieur Darmanin nous expliquer ce qu’est la laïcité"

Si le conseil municipal de Grenoble autorise le port du burkini à la piscine, le préfet de l’Isère a déjà prévenu qu’il saisirait le tribunal administratif, sur instruction du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

"Ça me semble excellent, le gouvernement se positionne enfin, estime Eric Piolle. Le préfet agit sur ordre du gouvernement. Le ministre Gérald Darmanin, qui se disait choqué de voir des rayons halal et casher dans les supermarchés, est dans une quête. A l’époque, le gouvernement n’a pas attaqué à Rennes. Là, il attaque. J’ai hâte de voir monsieur Darmanin nous expliquer la loi de 1905 et comment elle s’applique dans l’espace public mais pas dans les piscines. La piscine et l’espace public, c’est le même statut au regard de la loi de 1905. J’ai hâte de voir monsieur Darmanin nous expliquer ce qu’est la laïcité. C’est une excellente décision, enfin ils assument. Il y aura une confrontation."
LP