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"C’est une grande féministe": Marlène Schiappa "écœurée" par le "lynchage" contre Elisabeth Badinter

Dans "Estelle Midi" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Marlène Schiappa a pris la défense d’Elisabeth Badinter, très critiquée après ses propos sur les victimes de viol notamment.

"Un combo de positions réactionnaires". C’est ce qu’a estimé Sandrine Rousseau, elle-même directement visée pour sa "toute-puissance", après les propos d’Elisabeth Badinter ce mercredi sur France Inter. La philosophe s’est notamment opposée à la possibilité de mettre fin à la prescription en cas de viol. "Pourquoi ne pas porter plainte avant la prescription? Il faut prendre ses responsabilités. Je comprends très bien que ce soit difficile à évoquer pendant un certain temps, mais quand même 10 ans (depuis la loi de 2017 la prescription pour viol est de 20 ans, ndlr], ce n’est pas si mal", a assuré Elisabeth Badinter, s’attirant de nombreuses critiques. Dans "Estelle Midi" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Marlène Schiappa a dénoncé le "lynchage" qui a visé Elisabeth Badinter.

"J’ai réfléchi depuis des années, j’ai écrit sur le mouvement féministe. Je suis toujours très triste quand le mouvement féministe se déchire, a expliqué la secrétaire d’État chargé de l'Économie sociale et solidaire et de la Vie associative. Je n’ai pas envie, et Dieu sait si j’ai des désaccords très profonds avec Sandrine Rousseau sur le fond et la forme, de l’attaquer ad hominem, de me mêler aux gens qui l’attaquent et la prennent pour cible sur ces sujets. J’étais aussi écœurée de voir le lynchage à l’encontre d’Elisabeth Badinter sur les réseaux sociaux, qu’on m’a rapporté, à la suite de ses propos. C’est quand même une grande féministe, qui a fait avancer la réflexion sur l’instinct maternel, sur l’égalité entre les femmes et les hommes."

"On perd un peu la nuance et la profondeur du débat"

"On peut être en désaccord sur ce qu’elle dit, a ajouté Marlène Schiappa. Il y a des choses que dit Elisabeth Badinter avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas pour autant que je vais aller l’insulter sur les réseaux sociaux. Je pense qu’on perd un peu la nuance et la profondeur du débat. Dans toutes les associations féministes dans lesquelles j’ai milité, il y avait toujours du débat, justement pour savoir si on est pour l’imprescribilité ou pas. On débat avec des experts, des victimes, des hommes, qui sont nos alliés pour beaucoup dans cette cause. C’est important d’avoir ces débats, cette nuance, cette profondeur. Et pas simplement se jeter des insultes par tweets à la figure."

Ancienne secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa ne veut pas rentrer dans une stérile guerre des personnalités. "Je ne veux pas m’exprimer en contre, mais en pour, assure-t-elle. Je ne veux pas parler des gens. Eleonore Roosevelt disait ‘les petits esprits parlent des gens, les esprits moyens parlent des évènements, les grands esprits parlent des idées’. J’ai vocation à essayer de lutter contre moi-même pour ne pas parler des gens. Je ne veux pas dire que je serais moins féministe que Sandrine Rousseau ou moins pour l’Etat de droit qu’Elisabeth Badinter. Je suis radicalement féministe, radicalement pour l’égalité femmes-hommes et aussi radicalement pour l’Etat de droit, qui doit être amélioré bien sûr et c’est ce que à quoi on travaille."

LP