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Campement de Stalingrad: "On espère tous une nouvelle vie. Repartir de zéro"

REPORTAGE - L'évacuation du camp des 2.000 migrants du quartier de Stalingrad à Paris sera "traitée" la "semaine prochaine", a indiqué samedi Manuel Valls. Dès lors, les réfugiés sont prévenus: ils savent que du jour au lendemain, ils devront quitter les lieux.

Le campement de 2.000 migrants, aux abords de la place Stalingrad à Paris, sera évacué cette semaine. C'est la promesse qui a été faite ce samedi par Manuel Valls. L'ouverture du camp géré par la ville, à la porte de La Chapelle, se fera dans la foulée. Une structure officielle qui doit accueillir 400 réfugiés dans un premier temps. Pour ce qui est des autres migrants, ils seront placés dans des CAO (Centre d'accueil et d'orientation). Dès lors, pour certains réfugiés, l'évacuation du camp de Stalingrad est plutôt un soulagement.

C'est le cas pour Armadine, un Afghan qui vit dans une tente sous le métro parisien depuis plus d'un mois. Et tous les jours, il chante l'espoir. L'espoir de démarrer une nouvelle vie avec le démantèlement prochain: "On attend juste de pouvoir quitter cet endroit, assure-t-il. Je suis content car le gouvernement français va nous trouver un nouvel endroit où vivre. Ici c'est vraiment dur… Il fait froid dans les tentes, on ne peut pas étudier, on ne peut pas préparer nos documents administratifs… On espère tous une nouvelle vie. Repartir de zéro".

"Une machine à fabrication de clandestins"

Armadine et les autres réfugiés de Paris seront emmenés donc dans un des 450 centres d'accueil créés en France. Une alternative à la rue mais pour quel avenir? Le campement de Stalingrad se reconstituera, c'est inévitable estime Manon Ahomda, secrétaire de l'association du bureau d'accueil des migrants: "Ils vont se retrouver dans des villages où le suivi juridique et social est minime. Il y a déjà des personnes, depuis le démantèlement de la Jungle, qui sont revenues parce que les endroits où elles avaient été envoyées ne leur plaisait pas".

"Au final, c'est juste repousser la chose et les cacher un peu partout en France", déplore-t-elle. Ce démantèlement est inutile souligne aussi Rachid Saeed, président de l'association "Espoir, d'ici et d'ailleurs": "L'Etat ne propose pas d'alternatives aux réfugiés. On leur propose de les amener dans des centres d'accueil temporaires mais, sur place, ils n'ont aucune aide pour faire leurs démarches administratives. C'est pour ça que même si on les amène là-bas, ils vont, tôt ou tard, revenir ici pour essayer de compléter leur dossier". Et d'estimer qu'il s'agit en réalité "d'une machine à fabrication de clandestins".

M.R avec Romain Poisot