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Migrants à Paris: "Le gouvernement ne veut pas avouer que son plan n'est pas une solution valable"

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- - JOEL SAGET / AFP

Après le démantèlement de la jungle de Calais, les campements de migrants semblent se remplir de jour en jour dans le nord de Paris.

Dans le nord de Paris, près de 2.000 migrants se sont réinstallées dans les tentes igloo qui se multiplient. Au moment où, à 300 kilomètres de là, la "Jungle" de Calais était démantelée. Selon les associations, une partie des migrants de Calais se sont rendus à Paris, soit parce qu'ils comptent revenir à Calais pour passer en Angleterre, soit parce qu'il craignent d'être expulsés vers leur pays d'origine une fois arrivés dans les Centres d'Accueil.

Ce n’est pas l’avis de Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur:

"Il n’y a pas eu de mouvement, contrairement à ce que j’ai entendu, entre Calais et Paris. Nous avons fait un comptage avant le démantèlement de la jungle de Calais, qui estimait le nombre de migrants entre 5800 et 6500. Il s’avère que le nombre de personnes que nous avons mises à l’abri correspond très exactement au comptage que nous avons effectué. Il y a à Paris un campement, nous le démantèleront également dans les jours qui viennent"

A Calais, justement, François Guennoc, vice-président de l’association L’Auberge des migrants, conteste les chiffres du ministre:

"On estime à au moins 3000 le nombre de personnes qui se sont dispersées. Tout ça est corroboré par les discussions qu’on avait avec eux. Ils nous expliquaient ‘oui je pars sur Paris, sur la Belgique, sur diverses destinations’. Je pense que le gouvernement ne veut pas avouer que son plan ne correspondait pas à une solution valable pour toutes les personnes du camp. De Calais, ce qu’on perçoit c’est le risque que dans les semaines ou les mois qui viennent, les personnes reviennent près de la frontière et qu’elles reconstituent des camps sauvages. Après tout, cela s’est déjà produit après chaque démantèlement ces dernières années, quand on ne proposait pas aux personnes une solution valable et quand ces personnes n’avaient pas envie de rester en France"
AM avec Romain Cluzel