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Cathédrale d'Oloron-Sainte-Marie cambriolée: "C'est comme si les malfaiteurs avaient profané un peu de nous-même"

Au surlendemain de l'attaque à la voiture-bélier contre la cathédrale des Pyrénées-Atlantiques, Hervé Lucbereilh, le maire d'Oloron-Sainte-Marie, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC.

L'émotion, toujours. La cathédrale d'Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, a été prise pour cible par des malfaiteurs qui ont enfoncé la porte de l'édifice à la voiture-bélier pour y dérober une partie de son trésor, dans la nuit de dimanche à lundi.

Selon les premiers éléments de l'enquête, les malfaiteurs avaient installé un tronc d'arbre - une souche -,à l'avant du capot d'un véhicule pour enfoncer une porte secondaire de cette cathédrale.

Les voleurs, toujours en fuite, ont fait main basse sur une partie du trésor de la cathédrale composé de nombre d'objets liturgiques. Invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, le maire de la ville indique que ce sont "18 objets datant du XVIIème au XIXème siècle" qui ont disparu. 

"Ce qu'ils ont volé, c'est l'essentiel des éléments d'orfèvreries - des calices, des croix notamment. 18 objets datant du XVIIème au XIXème siècle. On s'est aperçus, avec du retard parce qu'il fallait faire un recensement compliqué, qu'ils avaient volé des éléments de vêtements liturgiques datant du XVIème sièce" indique Hervé Lucbereilh. Parmi, ceux-ci: une "pièce maîtresse de la collection de vêtements", une cape donnée par François-Ier (1494-1547).

"J'ai ressenti beaucoup de peine"

Les pièces étaient entreposées dans une chapelle, fermée par des grilles mais "des barreaux ont été sciés". Une enquête a été confiée à la brigade de recherches d'Oloron et des techniciens en investigations se sont rendus sur les lieux. Des pièces inestimables qui sont techniquement invendables. 

"Nous avons été surpris en pleine nuit. Nous pensions avoir pris toutes les mesures nécessaires pour protéger le trésor. J'ai ressenti beaucoup de peine, j'habite ici depuis ma naissance. J'avais l'impression qu'ils avaient profané un peu de nous-mêmes, du coeur des habitants" confie le maire d'Oloron.

Étape des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la cathédrale, un des joyaux touristiques du Béarn, à quelque 50 km de la frontière espagnole, est inscrite par l'Unesco depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.

"Toucher à cette cathédrale, c'est toucher à quelque chose de très profond dans nos coeurs"

"Pour nous, c'est un monument emblématique. Mais, au-delà du monument et de la valeur financière des objets qui nous ont été dérobés, il y a un valeur morale. La cathédrale est, pour nous, l'endroit, depuis le XIIème siècle, où nos familles ont vécu tous les moments forts de la vie: baptêmes, communions, mariages... Toucher à un élément de cette cathédrale, c'est toucher à quelque chose de très profond dans nos coeurs" conclu le maire de la ville sur RMC.

"J'ai été frappé par le nombre de gens qui venaient se recueillir à la cathédrale, lundi. Croyants ou pas, ils avaient l'impression qu'on les avaient amputé de quelque chose". 

"Les auteurs seront retrouvés et punis", a réagi sur Twitter le ministre de la Culture Franck Riester, en condamnant "avec la plus grande fermeté" cette attaque. "Je partage l'émotion des catholiques de France légitimement choqués par ce vol et ces dégradations", a-t-il ajouté.

"Le groupement de gendarmerie et sa section de recherche sont mobilisés pour résoudre cette affaire, sous la direction de la Procureure de la République", a tweeté pour sa part la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

Xavier Allain