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"Cette terreur a fonctionné": un projet d'accueil de migrants abandonné après des menaces

Le maire de Callac, en Bretagne, a abandonné un projet d'accueil de réfugiés dans cette petite commune après plusieurs mois de tensions. De nombreuses menaces de mort et manifestations ont eu lieu ces dernières semaines.

Sous la pression et les menaces, Callac, une commune bretonne des Côtes-d’Armor, renonce à un projet d'accueil de réfugiés. Le maire a finalement abandonné ce projet appelé "Horizon", mené par un fonds de dotation, pour redynamiser cette commune de 2.200 habitants.

Le climat de tension atteignait "un niveau inimaginable" entre menaces de mort et manifestations pro et anti-projet Horizon qui ont nécessité l'intervention des forces de l'ordre. À l'annonce de ce projet au printemps dernier, Paulo, commerçant, est séduit.

"Ça fait des nouvelles têtes et une nouvelle jeunesse. Ça aurait revigoré un peu Callac, quoi”, estime-t-il.

Mais cet automne, des mobilisations cristallisent les tensions dans la commune. Des manifestants d'extrême droite, contre ce projet, auxquels s'opposent des antifascistes, eux favorables. Dans la commune, divisée en deux camps, le climat est morose, constate cet habitant.

“Il y a des personnes qui ne venaient plus ou n’osaient plus venir dans les cafés parce qu’ils savaient qu’il y avait de l’opposition et ils savaient que les gens allaient s’opposer”, indique-t-il.

Le projet développé dans une autre commune?

Les élus de Callac ont été la cible de pressions et de menaces de mort pour renoncer au projet. C'est aussi le cas du fonds de dotation “Merci”, à l'origine du projet. “Il y a eu des menaces très, très importantes, la mairie a été taguée plusieurs fois. Il y a eu des menaces de brûler la maison des différentes personnes du Conseil municipal et nous-mêmes, il y a eu des manifestations devant le fond de dotation avec des fumigènes et en proférant des menaces”, assure Benoît Cohen, le cofondateur de Merci.

Des menaces qui ont contraint la municipalité à abandonner le projet, regrette-t-il.

“Cette terreur sur Callac a fonctionné. Il faut s’organiser, faire en sorte que ça cesse parce que c’est la démocratie qui est en danger”, ajoute-t-il.

Malgré les déstabilisations, le fonds privé ne renonce pas à son projet de logement et d'accompagnement de réfugiés et espère le développer dans une autre municipalité.

Kévin Gasser avec Guillaume Descours