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Chiffres de l'immigration: "On n'est pas dans une invasion, Il faudrait dix années comme ça pour faire autant que l'Allemagne en 2015"

La France confirme son récent statut de pays d'asile en Europe avec une nouvelle augmentation de 7% des demandes déposées en 2019 sur le territoire. Des chiffres à nuancer.

Les principaux chiffres de l'immigration en 2019 ont été publiés ce mardi par le ministère de l'Intérieur. La France confirme son récent statut de pays d'asile en Europe avec une nouvelle augmentation des demandes d'asile déposées en 2019 sur le territoire : +7,3%.

Les migrants déboutés dans les Etats voisins se replient en France, malgré une politique dissuasive assumée. 132.614 demandes d'asiles ont été enregistrés à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), c'est une hausse de 7,3%, par rapport à l'an dernier, c'est la quatrième consécutive depuis la crise migratoire de 2015.

Une augmentation des demandes d'asile qui s'explique par le fait que la France accueille beaucoup de demandes dites de rebond, venues de personnes qui ont vu leur demande refusée dans d'autres pays et qui viennent faire une en France.

"Il faudrait dix années comme ça pour faire autant que l'Allemagne en 2015. Mais ça augmente"

Les principaux pays d'origine sont l'Afghanistan, la Guinée, la Géorgie, l'Albanie et le Bangladesh. Augmentation des demandes d'asile et augmentation des personnes l'ayant obtenu l'an dernier : 36.512 dossiers acceptés, augmentation de 9,5% par rapport à 2018.

"On n'est pas dans une invasion, il faudrait dix années comme ça pour faire autant que l'Allemagne en 2015. Mais ça augmente. Et il y a là un défi. il y a des Géorgiens, des Albanais qui viennent et qui ne devraient pas demander, l'asile", explique Pascal Brice sur RMC, ancien directeur de l'Ofpra et à l'origine

Des hausses continues, mais pas de nouvelles places d’hébergement en 2020, décision du gouvernement, au risque de reporter les demandes d'hébergement d'urgences sur le 115 et que des campements se reconstituent.

C'est ce que redoutent les associations. Les expulsions d'étrangers en situation irrégulière ont elles augmenté de 19%, avec 23.746 éloignements. Le niveau d'expulsion hors de l'UE des étrangers non-Européens a même atteint un record depuis 2010 et le début des relevés statistiques en la matière.

La rédaction avec J.A.