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Coup d'envoi du Service national universel: comment ça marche?

Le Service national universel (SNU) commence aujourd’hui pour près de 20.000 jeunes volontaires et pose les bases d’un futur service obligatoire.

C’était une promesse de campagne du candidat Macron en mars 2017. Le rétablissement d’une forme de service militaire obligatoire pour tous d’une durée d’environ deux mois. Depuis, une première expérience a eu lieu en 2019. 2000 jeunes volontaires issus de 13 départements seulement ont participé à ce nouveau SNU, Service national universel.

En 2020 pour cause d’épidémie, il ne s’est rien passé. En 2021, nous y sommes. 18.000 volontaires participent, issus cette fois de toute la France. Ils ont entre 15 et 16 ans et ils étaient convoqués ce lundi matin à 8 heures, pour un premier séjour de 15 jours. 

Que vont-ils faire exactement ? 

Alors ils partent d’abord en autocar ou en train vers un centre d'hébergement qui ne peut pas se trouver dans leur département. C’est la garantie d’un dépaysement minimum.

Ils vont être accueillis par groupe de 200 environ dans des internats qui sont souvent des lycées agricoles. Ils seront logés par groupes de 10, on appelle ça une maisonnée. Groupe non mixte qui sera encadré par un tuteur, qui peut être un éducateur spécialisé, un volontaire de l’éducation nationale, ou bien un policier, un militaire ou un gendarme. 

Au programme de ces deux semaines que l’on appelle le séjour de cohésion : des cours sur la sensibilisation aux discriminations, sur le climat, sur l’éducation aux médias, sur les gestes de premier secours, mais aussi des soirées bivouacs, des parcours aventure, de l’escalade, ou du vélo. Bref, on est un peu à mi-chemin entre le service militaire et la colonie de vacances. 

Le “séjour de cohésion” une des étapes du service national universel 

Le séjour de cohésion est la première des trois étapes. Après ces premiers 15 jours, les jeunes devront dans l’année qui vient participer pendant encore deux semaines à une mission d'intérêt général. Par exemple en s’engageant dans une association.

Puis, troisième étape avant leurs 25 ans, ils devront s'engager pendant trois mois cette fois dans un service civique ou dans la réserve opérationnelle de l'armée. C’est pour ceux-là et à ce moment-là que ce service ressemblera un peu à l’ancien service militaire.

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Vers un SNU obligatoire ?

Ce qui le ferait passer dans une tout autre dimension. Pour l’instant on parle d'expérimentation pour environ 20.000 volontaires, alors qu’un service obligatoire concernerait 800.000 jeunes chaque année. Ce n’est pas du tout la même échelle, ni la même problématique. Pour l’instant on a affaire à des volontaires qui acceptent de porter un uniforme et de respecter une discipline. Que se passera-t-il lorsque ce sera une obligation ? Que fera-t-on avec les récalcitrants, est ce qu’on enverra les gendarmes les chercher chez eux, comme à l’époque de l’ancien service militaire ? Verra-t-on fleurir les certificats médicaux de complaisance ? 

On ne sait pas. Au départ, il était prévu que le service national universel devienne vraiment universel et obligatoire à l’horizon 2026, mais Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement a indiqué l’an dernier qu’il espérait avancer la date à 2024, dans 3 ans.

Et qu’en disent les militaires ? 

Les militaires assurent que militairement, ce service de 15 jours, puis 3 mois n’a absolument aucun intérêt. On n’apprend pas le métier des armes en un temps aussi court.

Mais si le pouvoir politique leur demande d’aider à la cohésion nationale, de participer à un brassage social qui n’existe plus, et bien ils le feront. Les militaires, par définition, font toujours ce qu’on leur demande.

Nicolas Poincaré