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Covid-19: non, le gouvernement ne veut pas confiner seulement les plus âgés et les personnes fragiles

Alors que l'idée était évoquée, elle ne verra finalement pas le jour: le gouvernement ne confinera finalement pas seulement les personnes vulnérables pour permettre au pays de se déconfiner en partie.

Le gouvernement n'a aucune intention d'imposer le confinement aux seules personnes les plus vulnérables au Covid-19, car cette solution n'est pas "faisable" et ne respecterait pas le principe de solidarité entre les générations, a assuré vendredi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Pourtant l'idée avait été évoquée en interne selon Le Monde. Invité de RMC ce vendredi matin, le professeur Xavier Lescure expliquait que c'était une "bonne idée".

"Aujourd’hui, il y a une vraie polarisation pour éviter les clivages. Mais, en même temps, il faut être réaliste, on ne peut pas sacrifier des générations de jeunes qui sont en train de prendre la vague du Covid et la vague sociétale en pleine face sans rien faire et sans s’adapter" expliquait-il.

"Ce n'est pas une solution que nous avons retenue et que nous retiendrons"

Mais le ministre de la Santé explique pourquoi cette mesure ne pourra être retenue et appliquer par l'Exécutif. "À la fois pour des raisons de faisabilité et à la fois pour des raisons de solidarité entre les générations - et nous y sommes très attachés -, ce n'est pas une solution que nous avons retenue et que nous retiendrons", a dit Olivier Véran en marge d'une visite dans une maison de retraite de Clamart, dans les Hauts-de-Seine.

Une telle stratégie supposerait qu'"à partir d'un certain âge, les gens n'ont plus le droit de sortir de chez eux, et les autres peuvent continuer à circuler. Drôle de société!", a-t-il observé.

Dans un tel scénario, il serait "très compliqué" de fixer une limite d'âge pertinente soulignant que l'âge moyen d'un patient en réanimation atteignait 62 ans, mais que 30% des patients en réanimation avaient moins de 60 ans.

Certes, le confinement pourrait paraître "peut-être envisageable" pour un couple de retraités "dans une résidence pavillionnaire, avec pourquoi pas un jardin, et pourquoi pas un entourage" susceptible de l'aider au quotidien, a observé le ministre de la Santé. "En revanche, si vous habitez dans un quartier populaire, que vous êtes parfois deux ou trois générations dans un appartement, et parfois dix personnes dans un trois-pièces, vous faites comment?", a-t-il interrogé.
Maxime Trouleau