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"Fêter Noël? Je crois que cette année, c'est plié", craint l'infectiologue Xavier Lescure sur RMC

Face à la situation sanitaire, Noël ne pourrait avoir lieu cette année. En tout cas, comme le craint Xavier Lescure, infectiologue, les rassemblements familiaux pourraient être prohibés.

Le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris ne se montre pas positif pour le futur proche. Pour lui, la situation sanitaire actuelle en France n’est pas rassurante et, à l’approche des fêtes de fin d’année, les regroupements familiaux ne pourraient avoir lieu.

"Noël, je crois que cette année c’est plié, dit-il. En fait, il y a eu un vrai retard à l’allumage sur la deuxième vague, malheureusement. Il y a eu soit du déni vis-à-vis de certains, soit une volonté d’aller au bout des marqueurs sanitaires pour sauvegarder l’économie, ce qui est compréhensible".

"On a atteint une telle circulation du virus que pour la freiner efficacement, il va falloir des semaines voire des mois"

Pour lui, la seconde vague est trop importante pour qu’on puisse laisser les gens se déconfiner dans un peu moins de deux mois.

"Aujourd’hui, le problème est qu’on a atteint une telle circulation du virus que pour la freiner efficacement, il va falloir des semaines voire des mois, craint le professeur". C'est Une période nécessaire, "si on écoute monsieur Macron qui veut retrouver une vie normale à 5.000 contaminations par jour pour qu’elle soit freinable par les structures de santé publique et de prévention".

Retrouver ces 5000 cas quotidien, "c’est raisonnable et c’est un chiffre malheureusement très petit parce qu’on est contraint, sur des structures de santé publique qui sont très limitées, pas armées et pas dotées de personnels qui sont capables aujourd’hui d’accompagner la protection et l’isolement".

"Je ne voudrais pas être à la place des décideurs"

Faut-il alors pointer du doigt les mesures prises par le gouvernement ?

"Je ne suis pas là pour tout critiquer, c’est trop facile. Je ne voudrais pas être à la place des décideurs parce qu’on est dans une situation très complexe qui est vertigineuse en terme de conséquences".

Il assure que "les soignants se rendent très bien compte de l’impact sociétal pour les jeunes, pour l’économie, les routiers, les restaurateurs. Mais je pense qu’aujourd’hui, il y a un souci avec la prévention en France".

"Les systèmes de prévention ne sont pas très opérationnels en France"

"On a un combat à mener: celui de la Covid. C’est un combat global en sachant sur quel terrain ça se joue, savoir quelle monture on a et connaître son adversaire. Maintenant on a plus d’excuse, on connait cet adversaire. Le terrain, lui, est fragile avec un passif compliqué, une certaine défiance et des théories du complot. Et puis, on sait qu’on a une monture qui est rigide avec un système bureaucratique et technocrates".

"Ces systèmes de prévention ne sont pas très opérationnels en France. Peut-être qu’entre les deux vagues, on aurait pu renforcer les moyens de la prévention puisqu’on savait que le testing était à peu près opérationnel mais que le "isolé, tracé" était très limité".

Maxime Trouleau