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"Dès que l’on s’endort, les policiers arrivent": rencontre avec ces demandeurs d’asile en errance dans les rues de Paris

Après l'évacuation violente de lundi, des migrants errent dans Paris en recherche d'un endroit où dormir.

Après l’évacuation des migrants place de la république lundi soir, environ 1.000 d’entre eux, selon l’association Utopia 56, se sont dispersés dans Paris et sa banlieue. Mardi certains se sont retrouvés à une distribution alimentaire porte d’Aubervilliers à Paris.

Ils cherchent des endroits où dormir mais se font régulièrement déloger par la police. Une situation qui ne fait qu'empirer avec le froid.

"On essaie de dormir mais on n'y arrive pas à cause du froid"

Mostafa, 23 ans a les yeux rouges et les mains qui tremblent. Ce migrant afghans est ici depuis 2 mois et il manque de sommeil. Lundi soir, il était place de la République lorsqu'elle a été évacuée. Il nous raconte que c’est toutes les nuits que les policiers le réveillent.

"Toute la nuit, j'ai marché dans la rue. On essaie de dormir mais on n'y arrive pas à cause du froid et dès que l’on s’endort une petite heure, les policiers arrivent et nous réveillent et nous demandent de partir."

Comme Mostafa, ils seraient un millier de migrants selon l'association Utopia 56, à errer dans Paris depuis le démantèlement d’un camp en Seine-Saint-Denis la semaine dernière.

"On va continuer à pousser car on est loin du compte"

Les ministres Marlène Schiappa et Emmanuelle Wargon annonçaient avoir identifié 240 hébergements pour ces migrants. Insuffisant pour Yann Manzi de l'association Utopia 56.

"240 places c'est ridicule. Ca marche pas donc on va continuer à faire pression et demander 1.000 places. On va continuer à pousser car on est loin du compte."

Lors de l’évacuation du camp de Seine Saint Denis, 3000 migrants avait été mis à l’abri selon Marlène Schiappa et Emmanuelle Wargon. 

Maxime Brandstaetter (avec J.A.)