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Deux heures sans électricité, pas d'école: ce qui est prévu en cas de coupure de courant cet hiver

Élisabeth Borne a envoyé, mercredi soir, une circulaire aux préfets pour les préparer en cas de manque d'électricité dans le pays. Ce document précise le fonctionnement des courtes coupures de courant, notamment. Elles pourront avoir lieu pendant deux heures maximum, dans certaines parties d'un département. Des lieux comme les hopitaux seront épargnés. En revanche, la question des réseaux télécoms se pose.

Des courtes coupures de courant pourraient finalement bien avoir lieu en France cet hiver, face au manque d'électricité. Seule la Corse, reliée à l'Italie qui dispose de sa propre production électrique, n'est pas concernée. La Première ministre a envoyé une circulaire aux préfets mercredi soir, avec des précisions, notamment, sur les conditions de ces délestages.

Comment cela va-t-il se passer? S'il y a des températures très basses ou de grosses difficultés de production, le site Ecowatt lancera une alerte trois jours auparavant une potentielle coupure. Dès lors, les Français devront réduire leur consommation d'électricité le plus possible, par exemple en évitant de lancer les appareils électroménagers en même temps.

Des coupures de deux heures maximum

Si jamais cela ne suffit pas, il faudra donc passer à du délestage. Si elles se confirment, ces coupures concerneront des petites parties de départements, réparties dans toute la France: il n'y aura aucun département délesté en entier.

La coupure durera deux heures maximum, potentiellement entre 8h et 13h ou entre 18h et 20h, et toutes les zones concernées seront annoncées la veille à 17h.

Les lignes qui alimentent les hôpitaux, commissariats ou gendarmeries seront épargnées mais pas celles des écoles. Si l'une d'entre elles se retrouve privée d'électricité, les élèves ne seront accueillis que l'après-midi.

Le trafic des trains, les feux de circulation ou encore l'éclairage public pourraient aussi être touchés. Le gouvernement demande donc aux préfets de préparer des messages de sensibilisation pour, par exemple, limiter ses déplacements en cas de coupure.

Quid du réseau téléphonique?

Des questions se posent toutefois sur les lignes téléphoniques. Auditionnée au Sénat mercredi, la directrice générale d'Orange, Christel Heydemann, s'est montrée inquiète.

"Si les délestages se multiplient, on ne sait pas comment se comportera le réseau et c'est un sujet sur lequel on continue de travailler. Je crains que nos concitoyens et les Français découvrent que les réseaux télécoms dépendent d'électricité", a-t-elle affirmé.

De plus, les antennes relais, indispensables pour l'utilisation des téléphones portables, ne sont pas prioritaires. Par conséquent, si la coupure dure plus d'une heure, ces antennes ne tiendront pas. 95% d'entre elles ont des batteries dont l'autonomie ne dépasse pas 30 minutes.

Les services de secours injoignables?

Selon Christel Heydemann, "c'est illusoire d'imaginer qu'en cas de délestage, on saura maintenir un service continu pour l'ensemble des Français puisque si les services mobiles sont éteints pendant deux heures, il n'y aura pas d'accès aux services des numéros d'urgence pendant un temps".

La solution serait de déployer des générateurs ou des batteries plus puissantes, mais c'est compliqué d'après les opérateurs. Cela coûterait très cher et prendrait beaucoup de temps à installer, en tout cas, il serait impossible de les déployer d'ici cet hiver.

AB avec RC et NP