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"Dupin Quotidien": la pollution colossale des bateaux de croisière

Tous les jours à 7h20, on parle éco et conso avec Anaïs Bouitcha, dans Bourdin Direct, sur RMC.

Les Français sont de plus en plus nombreux à faire des croisières notamment pendant les vacances d’été. Plus de 520.000 Français ont ainsi opté pour une croisière pour leurs vacances l'an dernier: un chiffre en augmentation d’après l’association internationale des croisiéristes. Un voyageur sur deux s’est par exemple rendu en Méditerranée.

Et pour cause: ce type de vacances n’est plus réservé qu’à un certain public. Les passagers sont de plus en plus jeunes. Au total, nous avons accueilli l’an dernier 5 millions et demi de voyageurs en escale, en métropole et en outre-mer, ce qui fait de nous la 3e destination européenne d’après Atout France.

Avec des effets ravageurs sur l’environnement et le climat…

D'après une étude de l'ONG Transport & Environnement, ces navires sont extrêmement polluants. Ils rejettent énormément de CO2 et d'oxyde de soufre. Parfois plus que les voitures. 

Les 94 bateaux du croisiériste de luxe Carnival Corporation par exemple émettent 10 fois plus de dioxyde de soufre que l'ensemble des 260 millions de voitures du parc automobile européen! 

Des émissions très élevées, dues à la mauvaise qualité des carburants, mais surtout à des standards de pollution très bas. Ajoutez à cela des bateaux de plus en plus grands, des trajectoires de plus en plus proches du littoral et des temps d'amarrage qui s'allongent.

Le port de Marseille particulièrement touché 

Les émissions de dioxydes d’azote des bateaux ont dépassé pour la première fois celle d’origine routière dans la métropole d’Aix-Marseille l’an dernier, selon AtmoSud. En 2017, déjà, les 57 navires de croisière qui ont fait escale à Marseille ont émis autant d'oxyde d'azote que 85.000 voitures. Soit un quart du parc automobile de la ville. 

Un groupe de sénateurs socialistes a déposé des amendements pour interdire les navires les plus polluants ou les taxer davantage. Amendements rejetés, il y a quelques jours.

Est-ce qu'on pourrait passer à l'électrique, comme pour les voitures ? 

C'est ce que fait le port de Marseille si l'on en croit sa direction et la ministre des Transports avec quelques 20 millions d'euros d'investissement pour devenir le 1er port électrique de France en 2025. Encore faut-il pouvoir compter sur les constructeurs et les croisiéristes. 

D’autres réclament des zones à faibles émissions: la ministre des Transports annonce enfin de nouvelles normes au 1er janvier 2020, pour diviser par sept la teneur en soufre des carburants maritimes.

Anaïs Bouitcha avec Xavier Allain