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"Dupin Quotidien": Whatsapp interdit aux moins de 16 ans

L'application de discussions vient d’interdire son utilisation aux moins de 16 ans dans toute l'Union européenne. Cela résulte du règlement sur la protection des données qui sera en vigueur le mois prochain. Cette décision est-elle réaliste? Quels en seront les impacts sur les réseaux sociaux?

L’application de discussions Whatsapp, vient d’interdire son utilisation aux moins de 16 ans dans l’Union Européenne en raison d'un nouveau règlement sur la protection des données qui entre en vigueur le mois prochain.

D’après le règlement, un mineur peut consentir seul au traitement de ses données personnelles à partir de 16 ans. Et donc accéder seul, à partir de ce même âge, aux services qui demandent ses données, comme Whatsapp. L’application vidéo de Twitter, Periscope, a fait la même annonce, mais ne fixera l’âge minimum d'utilisation à 16 ans seulement dans un mois, en même temps que l'entrée en vigueur du nouveau cadre européen.

Aujourd’hui, l’âge minimum pour utiliser ces applications est de 13 ans, partout dans le monde.

Est-ce vraiment réaliste?

Absolument pas, d’après l’avocate spécialisée Delphine Meillet. Whatsapp nous fait juste une déclaration de principe, pour satisfaire la CNIL qui lui a demandé en décembre de mieux protéger les données de ses utilisateurs.

Aujourd'hui l’application revendique un milliard de membres. Impossible pour l’avocate de contrôler l’âge de chacun, sachant que l’on télécharge l’application gratuitement et qu’à aucun moment, on ne nous demande de vérifier notre identité.

Qu’est-ce qui va empêcher un adolescent de 14 ans de mentir sur sa date de naissance? Rien. Et surtout, personne ne va et ne peut venir vérifier. Nous sommes dans une zone inconnue.

Justement, c’est tout l’objectif du nouveau règlement européen…

Bruxelles veut poser un cadre juridique commun à tous les pays membres pour harmoniser et faciliter la protection de nos données personnelles. Dans un mois, nous pourrons tous avoir accès à nos données, les modifier. Et même mieux, nous pourrons nous opposer à leur utilisation, commerciale par exemple.

Les entreprises vont devoir nous demander notre permission pour les utiliser, et nous dire pourquoi ils veulent le faire. Certaines le font déjà.

Vous avez peut-être vu apparaître des messages sur Facebook ou certains sites que vous visitez, en vous demandant de signer leur nouvelle charte de confidentialité.

Ce qui pose réellement problème justement, ce sont ces géants d'internet. Facebook, Google, Apple ou encore Amazon... On les appelle les GAFA. Leur portée est démesurée. Il faudrait référencer tous leurs utilisateurs par pays. C'est quasiment impossible, mais ce nouveau règlement est un premier pas nécessaire d’après l’avocate Delphine Meillet. Les sanctions elles, ne sont que de principes. Elles se feront au cas par cas.

Anaïs Bouitcha et X.A