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Éclairage public: "La lumière éteinte favorise le travail du cambrioleur", estime un commerçant volé

L'extinction de l'éclairage public cause-t-elle plus d'insécurité? Si aucune étude n'a prouvé ce lien, certains commerçants de Figeac (Lot) estiment que l'obscurité a favorisé les cambriolages ou l'intrusion dans cinq commerces de la commune, au mois d'octobre. La municipalité avait décidé, deux semaines plus tôt, d'éteindre les lumières de 22h à 6h pour faire des économies d'énergie.

L'obscurité incite-t-elle plus les cambrioleurs à agir ? À Figeac, dans le Lot, cinq commerces ont été victimes de cambriolages ou de tentatives d'intrusion la même nuit. Certains font le lien avec l'extinction de l'éclairage public, décidé par la municipalité pour faire des économies alors que le prix du kiloWattheure a fortement augmenté.

"Le fait que la lumière soit éteinte, on favorise le travail du cambrioleur. Il est tranquille et je pense qu'il y a un gros problème d'insécurité", affirme Benjamin Gouzou, gérant d'une pizzeria dans la commune.

2.000 euros de préjudice

Lui a été victime d'un cambriolage au mois d'octobre: "La porte était ouverte, au niveau de la caisse, tout était par terre. Il y avait notre stock de monnaie, trois jours de caisse et les tickets-restaurant qu'on allait déposer dans la semaine. En tout on a pour un peu moins de 2.000 euros".

La mairie, elle, justifie. La facture de l'éclairage public a doublé depuis 2021, passant de 200.000 à 400.000 euros. André Mellinger, maire (PS) de Figeac, promet des ajustements. Pour autant, aucune étude n'indique de lien entre obscurité et criminalité.

Pas de lien entre obscurité et délinquance à Saint-Nazaire

Si à Figeac c'est trop tôt pour le dire, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), cela fait deux ans que 70% de la ville est éteinte entre 00h et 5h du matin et le bilan est positif.

"Nous avons demandé aux services de police et aux services de pompiers s'il y avait une corrélation entre l'extinction et les faits d'incivilités ou de criminalité, la réponse était non", affirme Christophe Cotta, adjoint au maire de Saint-Nazaire. En diminuant l'éclairage public, l'année dernière, la ville a économisé 28% sur sa facture d'énergie.

AB avec Lucile Pascanet