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Dans le Meilleur Pâtissier de M6 "l'exigence technique est là, mais un divertissement ce n'est pas la réalité"

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Mardi soir, la finale du jeu télévisé Le Meilleur pâtissier, à lieu sur M6. Si les participants sont des amateurs, le jeu suscite-il des vocations professionnelles? Bruno De Monte, directeur de la prestigieuse école Ferrandi, qui propose des formations notamment en pâtisserie, voit de plus en plus de candidatures arriver.

Bruno De Monte, est le directeur de l'école Ferrandi, un établissement proposant des formations préparant aux métiers de la gastronomie, de l'hôtellerie et de la restauration.

"En tant que directeur de l’école Ferrandi, je constate que ces émissions ont apporté auprès du grand public une autre vision du métier et de l’art de la pâtisserie. Ces émissions ont une exigence technique forte. C’est un apport positif pour nous.

Cela créé un flux de candidatures que je vois croître d’année en année, notamment sur la pâtisserie depuis 4 ou 5 ans. Aujourd’hui, on a 20 candidatures pour une place sur les formations courtes et longues. On constate également que de nouveaux profils se présentent par rapport à ce que nous pouvions avoir avant. Il y a des profils de reconversions professionnelles ainsi que des jeunes qui pourraient suivre un enseignement en filière générale et qui décident de s’orienter vers un métier plus technique.

"On ne peut savoir qui a suscité quoi"

Il y a une appétence auprès du grand public pour la pâtisserie, une observation que l’on peut faire également au niveau international car nous avons de plus en plus d’étudiants étrangers. Mais on ne peut savoir qui a suscité quoi. On peut se demander si la médiatisation des métiers est à l’origine de l’attrait, ou si elle a accompagné un mouvement culturel et social autour d’un attrait nouveau vers ces métiers manuels. Je ne sais pas. En tout cas le mouvement est concomitant.

"C'est sérieux mais c'est du divertissement"

Dans notre école, l’émission 'Le meilleur pâtissier' est regardée. L’exigence technique et le goût du challenge est là. C’est sérieux mais c’est du divertissement et nos élèves le vivent comme ça. Ils apprennent en même temps par ce côté ludique et divertissant. Mais forcément, un divertissement ce n'est pas la réalité.

Lorsque nous avons nos entretiens avec nos futurs étudiants, nous essayons de déceler leurs motivations: est-ce que l’on vient parce que l’on a été séduit par ces émissions de télévision et qu’un jour on veut également apparaître sur le petit écran? Ou est ce qu’on vient parce qu’on vraiment envie de faire ce métier de pâtissier?".

Propos recueillis par G.D.